Tel un chant qui cherche son rythme et ses accords avec une harmonique du monde,
ma vie est à la recherche d’une intensité et d’une révélation. Tantôt large, tantôt haletant, laissant en blanc des espaces à colorer de la chair et du souffle, encore librs, vierges de toute
atteinte, mon horizon palpite au-delà de toutes dimensions. Les passions ont affaire avec le feu et la glace, la lumière et la nuit, la terre et l’eau, la respiration dans ce qu’elle a de plus
profond et de plus secretement vivant.
En-deçà de tout regard, tout en se donnant à travers le toucher, dans ses gestes les plus simples, les rapports à l’eau, à l’air, la terre et le feu, ma vie modèle l’amour que je lui porte,
sculptant et resculptant les bords, du dehors au dedans, dans leur singularité et leurs alliances. Mon corps, et celui de l’autre, s’incarnent en libérant l’esprit qui les anime, du plus intime
du muqueux au plus lointain du céleste et du transcendant. Tout a lieu, grâce au tact, du plus charnel au plus vivant, dans cette vérité devenue mystère de la vie, à travers quoi, tout se donne à
nous, sous peine de mort.
Nous habitons, pour un temps encore, l’univers des quatre éléments naturels. Nous en sommes bâtis et nous y demeurons, avec nos attraits, nos passions, nos limites, nos aspirtions, nos rêves.
Modelage de l’amour qui dessine et redessine la forme, sans cesse, dans un jeu plus subtil. Cercle de pensées, qui ne pense pas ses conditions matérielles, tant il est saisi par la spontanéité de
sa création et participe à l’œuvre de la génération cosmique.
Je l’ai pris, je l’ai abondonné, je l’ai perdu, je l’ai retrouvé, je l’ai repris, ce chant … Alléluia de ma vie ! Je lui ai dit, je lui ai redit la possibilité de sortir de ses attentes, de
ses espoirs et de ses désillusions, un Chant d’Amour à renverser la mer ! Pendant tout un moment, il ne savait pas, il ne savait plus, il ne savait plus marcher, il ne savait plus chanter …
Alors je l’ai supplié d’y croire, je l’ai supplié d’oublier le mal et d’aimer le bien, comme un renversement, il y a cru, il y est arrivé, il a avancé, il a regardé le ciel et la mer, l’oiseau
sous le vent, l’arbre au soleil et la pluie sereine, et il a dit : « Je t’Aime … la Vie »
Alors, d’oser mêler la rigueur de la science à la chaleur de l’art, reconnaissant les lois derrière les effets, par la répétition d’expériences sans fin, grandeur de concepts, principes après
lois, reconnaissant les formes, explicitant le temps qui touche à sa vie, à ce qu’il doit en faire, je suis devenu l’architecte consciencieux qui fixe l’équilibre et déforme l’outil pour
comprendre, à son heure, comment bougent les choses. Découvrant l’énergie, transformant la matière, en tournant mon regard amoureux à ce que je nomme Vie. L’espoir de savoir ce qu’elle est, avec
les mêmes yeux que je voue à l’aimée, me charge du plaisir de la pénétrer et de l’inonder d’un sperme fécond. Car, qui pourrait prétendre qu’il suffit à l’aveugle de rêver de lumière pour épuiser
sa faim ? Il faut aussi toucher pour lui le corps de l’existence et retourner aux caresses des formes qui ont permis, hier, de flairer l’harmonie du chant de la vie, au-delà du chaos.
Au-delà des écueils qui encombrent sa marche, l’œuvre que je porte en mon sein m’anime et palpite. J’y jouis avec volupté la saveur de l’amour. J’invente pour la vie un SHOW d’éternité. Point
n’est besoin de cathédrales et de grandes orgues pour te chanter. Tu tends vers moi tes mains en coupe et j’y fais couler l’aurore nouvelle, que mon cœur déverse, emportant ma souffrance, tout au
fond de mon sexe qui se souvient du temps passé où le souffle alizé déferlait sur mon corps, à l’aube grise de détresse de l’homme blessé.