L'Esprit vivifie, la
lettre tue. Quand on prend les symboles trop au sérieux, on quitte la réalité du terrain. Le symbole "La Rose au poing" n'a jamais fait un socialisme cohérent. Le symbole repris de la "Croix
de Lorraine" n'a jamais fait un capitalisme libéral. Les Pouvoirs restent les pouvoirs et leurs déviances restent la déviance des hommes qui les servent. Pour comprendre nos difficultés, il faut
arrêter de déléguer nos pouvoirs de contrôle à ceux que nous élisons, et retrouver en nous la clarté de nos décisions, en pensant juste. "Le marché est si parfait, disait Keynes, qu'il n'a plus besoin que les hommes le
soient". N'est-on pas en plein dans cette logique contradictoire ?
Les systèmes, les
idéologies, les religions n'ont jamais remplacé l'homme lui-même. Si ce dernier raisonne mal, le système en place amplifiera le phénomène d'inadéquation aux buts recherchés. Ce que l'on
psalmodie n'est pas la vérité. Croire impunément à la valeur d'un système, c'est se préparer à l'esclavage de la pensée unique. Les hommes libres n'ont pas de formule miracle. Ils savent que
la vie change tout le temps, dans son évolution. Ils ne se laissent pas prendre par le Pouvoir, quel qu’il soit.
Tous cloisonnements,
toutes révolutions, toutes contestations, toutes oppositions, ayant pour but de changer les structures sociales, sont viciés au départ, puisqu'elles mettent en conflit la violence en leur centre
comme moyen d'aboutir aux réformes désirées. Est-ce là le bon moyen d'aboutir à plus de justice et de fraternité ? Le changement n'est-il pas d'abord à l'intérieur de soi-même ? La masse n'est
qu'une exaspération de prolongation des individus qui la compose. Les Pouvoirs maladifs l'ont si bien compris qu'ils s'en servent pour établir leurs dominations. La principale fonction d'un
système est de rassurer. On prend ses idées comme on prend un calmant. Pour mieux supporter les désordres du monde, on en cause et l’on passe à nos petites affaires. Chaque terme d'une opposition
contient son contraire, donc n'est pas vérité. Nous cherchons à savoir, dans l'espoir que la connaissance prolongera notre pouvoir de décider de notre vie, et vite nous nous apercevons du
contraire. Les pouvoirs soudoient nos incohérences derrière de belles idées et des slogans porteurs, et nous signons un chèque en blanc à des gens que nous connaissons à peine. Si nous ne
sommes pas satisfaits, nous râlons dans nos salons, ou nous courons nous inscrire à une autre boutique électorale, croyant que celle-ci fera mieux que celle que l'on vient de
rejeter. Stupidité des peuples taillables et corvéables, vendables, à toutes démagogies ficelées par des ambitieux qui égoïstement ne vivent que des pouvoirs pris sur les imbéciles et
les ignorants que nous sommes souvent par délégation, l'infantilisme des comportements faisant le reste. L'être humain s'attache souvent à ce qui le détruit. Son désir insatiable de posséder le
pousse dans l'oscillation schizophrénique d'une socièté malade de ses idées chocs, lui donnant l'illusion d'un bonheur établi facile. Comme si, changer de maître, c'était s'assurer pour demain.
Choisir ! Faire acte d'homme ou de citoyen ! Le Socialisme et le Capitalisme sont les deux faces d'une même maladie, celle de l'homme qui rêve, après sa délégation de vote, qu'il n'a plus rien à
faire, puisqu'il a nommé quelqu'un pour le faire à sa place.
Pourtant, toutes nos
doctrines politiques, sociales, religieuses, sont simplistes, stériles, et dérisoires devant la montée des périls actuels. Guerres, famines, violences, terrorismes, se développent comme une
plaie gangrèneuse sur la surface du Globe, sans que les moyens mis en oeuvre n'arrêtent notre incompétence à réaliser une Humanité respirable pour tous.
Peut-être est-il
encore temps, pour chacun d'entre nous, de réfléchir sur sa responsabilité dans ce jeu de massacre écologique planétaire.
L'horizon historique
antérieur a toujours abreuvé les peuples d'une histoire tronquée aux services des pouvoirs. Guerres cachées, vécues par personnes interposées, despotisme collectiviste sous couvert de
socialisation, exploitation capitaliste des petits épargnants, tout aussi braqués sur des profits immédiats, aide supposée fraternelle des Tiers-mondes avec retour d'intérêts cachés. Tout est
factice ! Le laid hait le beau. La tromperie est présente partout quoique bien camouflée. Jusqu'où ira cette intolérable bêtise de l'homme, si vil qu'il fait confiance à n'importe quel
montreur de foire ? Nous sommes englués dans nos perversités, pilotant le navire "Terre" à vue, avec une limitation de conscience désastreuse pour l'ensemble de notre espèce. Ajoutons à cela,
l'incohérente politique de prélèvements insensés du monde urbano-industriel, et nous allons droit dans le mur, affligés de cette myopie chronique qui fait croire à cette illusion stupide d'un
progrés matériel sans fin.
La réponse n'est pas
dans l'homme quantifiable, prôné par les pouvoirs maladifs. Nous évoluons à présent dans un monde dangereux et pervers qui fait croire aux gens qu'un bel avenir est pour demain. Prolonger le
présent sur un futur en l'affectant seulement des paramètres d'une croissance économique sans fin est le meilleur moyen de s'aveugler sur le réel de la situation
d'aujourd’hui.
Dans l'immense effort
de conquète aboutissant au pillage de la nature entière, à la massification concomitante d'une démographie non controlée, au triomphe d'une objectivité qui a perdu la boussole et ne gère plus
rien, l'homme va vers un destin fait de graves aléas. Nous savons pourtant que nous sommes reliés aux éléments naturels, jusqu'à preuve du contraire, et que ce n'est pas demain que nous
vivrons tous sur Mars. Nous sommes en mesure de nous détruire ou de poursuivre agréablement notre évolution sur Terre. La matière est la matrice spirituelle en qui nous sommes créés. Cessons
d'écouter les pouvoirs maladifs, qui n'ont que faire de notre destin, trop préoccupés qu'ils sont du leur.
Ne soyons pas
les "Cocus du
Paradis" comme l'écrit Pascal Bruckner dans son ouvrage "Misère et Prospérité”. Dans un effort d'intelligence, brisons les barrières clôturant nos vies
pour le plaisir de ceux qui nous proposent le bonheur pour demain. Vivons instamment notre présent en se rendant au rendez-vous de notre vie, dans le respect des règles ontologiques de notre
espèce et des espèces qui accompagnent nos pas. Soyons ouverts à la saine réflexion, qui balise notre chemin dans cet univers déjà si atteint, en son corps dévasté, malade de multiples
pollutions. Travaillons, plutôt, ensemble à relever les défis qui se profilent devant nos yeux inquiets, en ce début de millénaire.
Les Etats modernes
procèdent des pouvoirs maladifs. Ils étalonnent, laminent, standardisent. Peut-on penser la Socièté hors du répétitif abrutissant ? Les esprits courts vous diront que c'est le seul moyen
d'établir un ordre supportable au plus grand nombre, au nom de la vieille raison d'Etat. Allez donc ! Il n'y a pas de place pour la fantaisie et les artistes, dans ce lieu à moins qu'ils soient
commandités par les pouvoirs. On voit ce que cela produit. Un conformisme de pensées où les pouvoirs puisent leurs royalties. La crise d'étouffement par manque de respiration
autogène ; l'épidémie de violence par incarcération des différences ; l'anoréxie de l'imagination par asthénie de la réflexion ! Tout ce qui est à moi est à tous ne fait
qu'aggraver les différences par envies et mimétisme. Ma ressemblance au standard-type de ma catégorie sociale ne me met que dans un ghetto. Les lambeaux de ma liberté me servent de vêtement
à l'identique. Dans ce type de vision, je ne m'appartiens plus. Je ne suis qu'un matricule, un numéro dans le groupe, polycopie du modèle établi par les modes diffusées par les pouvoirs marchands
maladifs.
Je ne veux pas tomber
dans la crevasse des comédies humaines sans joie, mais sauvegarder en moi ce qui me reste de liberté. Je n'emprunte à personne mes accords secrets, et surtout pas aux pouvoirs
maladifs. Je varie mon plaisir et ma mélodie en épousant les vagues montantes de mes mers intérieures. Le parasite à l'oeil vif et à la bouche en fleur qui me parle de liberté en sachets, je
le rejète loin de moi. La démocratie reste, pour moi, un leurre dont tous les pouvoirs machiavéliques se sont servi pour imposer aux peuples les données économiques qui favorisent un clan protègé
de nantis. Théologie, Politique, Sciences, et Savoirs s'acharnent à voiler de leurs discours emphasés le vrai de leurs dires, qui, par la fainéantise des masses, accèdent ainsi au Pouvoir.
Ces derniers délèguent, par un bulletin de vote, leur pouvoir, souvent à des incompétents dont le seul souci est de servir ... leurs intérêts premiers.
La stratégie gagnante
en place, après avoir tenu ce langage de dupes, laisse les promesses faites au vestiaire des pas perdus. Elle a le Pouvoir à présent et elle est bien décidée à en profiter au maximum. Depuis
des siècles les peuples, par leur faute, se laissent diriger par des ambitieux qui ne veulent servir que leurs avantages personnels. Le paysan donne à son pays un paysage, du blé et des fruits.
Il reçoit en compensation une subvention comme disent les ronds de cuir de Bruxelles. Savent-ils seulement ces faux-maîtres, ce que "Ministre" veut dire ? Ces Ministres de passage entre
guillemets ! "Ministerium" désigne l'office du serviteur, c’est-à-dire de celui qui se met au service du peuple. Ce mot de Ministre dérive de "Minus" qui veut dire moindre. Le Ministre est celui
qui exerce une fonction subalterne par opposition à "Magister" qui veut dire "Maître”. Pauvres Peuples ! Quand ouvrirez-vous les yeux sur cette duperie des Pouvoirs Maladifs ? Regarder ce qu'on a
fait de vos délégations de vote.
La compléxité du
monde est notre fait, par démultiplication de nos possibilités. Il est donc nécessaire aujourd'hui d'en assumer les responsabilités. Les Pouvoirs nous font miroiter un monde mirifique qui n'a
rien à voir avec notre réalité quotidienne vécue à travers des cheminements difficiles. Nous apprenons à être par nous-mêmes. Jadis, la question du sens de la vie ne se posait pas, pour la raison
que nous étions dans la survie d'une Nature non encore gérée par nos moyens. La prise de pouvoir sur certains éléments nous a confié une responsabilité immense et a montré aussi que nous étions
fragiles quoique reliés à ces éléments. Le risque nucléaire a complété cette peur de l'avenir. Nos erreurs et nos divaguations ont mis la Nature en péril, et par contre coup, notre espèce
entière. L'éphémère de notre condition nous a projeté dans le réel. Les Pouvoirs Maladifs ne peuvent plus nous faire croire au succès garanti. Nous voilà, face à face à nous-mêmes, tous dans
le même bain.
Quand les hommes de
Pouvoirs se prennent pour les Maîtres du Monde, ils commencent à dévier du symbole qu'ils devraient représenter. Associant prestige et orgueil de leur fonction, ils se prennent pour des Dieux.
Les voilà, dès cet instant, directement impliqués dans les dérives des Sociètés. Alliant les forces contraignantes à celles, plus secrètes, des sectes dominantes, ils servent les intérêts d'une
classe au détriment des Peuples qu'ils ont soudoyés par des slogans attractifs, mais irréalistes. Nous vivons sous l'emprise des marchands, dans la croyance d'une liberté conquise. L'économisme
est notre cupidité. Ils font le reste. Car un Peuple, en somme, n'a que les dirigeants qu'il mérite. Sa propension à se vendre au plus offrant de ses intérêts immédiats, le pousse dans les bras
des beaux parleurs prometteurs de lendemains qui chantent. Quelle naiveté de croire au plus offrant ou à ceux qui semblent nous bercer d'illusions. Réduits à de simples rôles de producteurs d'une
immense machine que l'on nomme "Progrès", nous voilà, subissant les caprices de la Bourse, jouant nous-mêmes au jeu, "à qui perd, gagne ".
Le Palais des Mirages
apparait à chaque élection nouvelle. Les slogans fusent. Les promesses éclatent sur tous les programmes politiques. Tout est possible. On serre des mains, on sourit à gogo, on fait des mots, des
meetings, des grandes parades avec pancartes et colifichets. La musique bat son plein. Les costumés en tout genre montent sur les estrades et haranguent les foules présentes applaudissant à tout
rompre leur leader. Quelques "copains" sont au banc des officiels de la fête, des amis du partage-gateau, des défenseurs de quartiers, des influents, des quémandeurs, des convaincus de la
dernière heure. Votez pour moi ! Je vous promets le bonheur pour demain, clef en main. Elisez-moi ! Je suis votre Serviteur zélé. Ne l'ai-je pas prouvé, depuis vingt ans ? ... Mais, voilà ! C'est
la même chanson entendue, sous d'autres aspects, depuis des lustres. Resultats probants... Égal à zéro ! Les problèmes sont toujours là.
Pouvoirs ! Quand tu
nous tiens, tu crois tenir le monde. Tu crois diriger les hommes. Tu crois en ta raison d'être indispensable, jusqu'à ce qu'une force contraire t'enlève ton pouvoir pour en mettre un autre à
ta place. Dérisoire, ta façon orgueilleuse de te prendre pour "Force Perènne". Un jour arrive où tu es balayé, de ton pied d'estal. Juste retour d'un Vivant qui cherche à remonter à la source de
son évolution. Tu crois servir, alors que tu te sers des gens qui te font confiance aveuglément. Tu te glorifies de gloires dont les Peuples ont fait les frais sur les champs de bataille. Tu
enchantes le désenchantement, pour un temps, et tu retombes dans tes travers habituels, de prétention à gérer la vie. Dérision que ton culte ! Dérision que ta superbe ! Dérision que ta démagogie
à faire croire que tu es l'auteur du bonheur des braves gens. Tu sers d'abord ton orgueil de position. Tu profites des ignorants. Tu emmagasines pour toi et tes acolytes les bénéfices de tes
actions perverses. Les scandales ne t'éffraient nullement. Tu as mis le droit à ton service, les forces de l'ordre à ta solde. En somme, tu es "Pouvoir" par la nonchalance des peuples trop
induits à te faire confiance en te déléguant leurs votes.
Je te laisse pour ce
que tu es... "Pouvoir". Ta Fête n'est pas la mienne. Ta stratégie gagnante, chargée de mensonges, ne me contente pas. Le paysan donne à son pays les produits du travail de la Terre.
L'ingénieur et. l'ouvrier offrent leurs bras aux usines en fabriquant des voitures, des ordinateurs, des objets domestiques et des produits d'utilisation commune. Et Toi ! Pouvoir ! tu
te contentes de tirer profit des efforts communs des membres de ta communauté nationale, vivant largement du travail d'hommes mal rémunérés, suant pour toi. Tu calmes les manifestations de
violence, que tes abus ont fait naître, par brigades de C.R.S déployées. Et toi, Pouvoir, tu restes bien chaudement calfeutré dans les palais, confisqués aux anciens maîtres
monarchiques.
J'ai l'intuition que
l'expérience humaine doit passer par cette intuition du vol de sa sensibilité, d'où les changements de maîtres. On en a usé des Théocraties, des Monarchies, des Socialismes, des Démocraties, des
Ploutocraties. Et la guerre est toujours pour le soldat, la faim toujours pour l'isolé, la pauvreté pour le manoeuvre, grâce aux mensonges des Pouvoirs langagiers, spéculatifs ou logiciels. Ils
ont toujours eu raison du bon peuple qu'ils négligent d'instruire et d'éduquer. Ils auront, encore et encore, et toujours par la force et par la ruse, raison de
l'ignorance.
Alors, je vivrais à
l'envers du miroir. Mon oeil à multiples facettes me permettra de regarder aussi bien à droite qu'à gauche, devant que derrière. J'aurai mille rétroviseurs incorporés dans un corps sage et une
âme limpide. Je ne suivrai aucun chemin des pouvoirs élus, maladifs en place. Anarchique ! Sans avenir et sans passé, bâtard et oeuf inconsolé, j'admirerai les siècles de destruction qui ne
me contentent pas. Mais, je vivrais... libre. Je conjuguerai toutes mes inventions et toutes mes libertés au-delà de Vous... Pouvoirs, car je vous sais vantards de vos succès mitigés et
maladivement pervers dans vos comportements possessifs d'élus. Peu des vôtres sont suffisament honnêtes pour servir, sans rechercher les honneurs et les compensations financières qui en
découlent, quand vous êtes à la tête des Etats.