Nôces Eternelles
TOUT EST "NÔCES ETERNELLES"
Durant son existence, l'homme orienté vers l'éveil des Valeurs Spirituelles découvre la Dualité. Celle-ci l'encercle et gîte en lui. La Dualité s'étale au dehors et au dedans. Comment lui échapper ?
Devant ce dilemme, le vertige de la Solitude jette l'homme dans un abyssal désarroi. Il quête le chemin. Tout Chercheur est condamné à l'errance tant qu'il n'a pas compris qu'il n'y a aucune voie en dehors de celle du renoncement. Mais comment renoncer à cette dualité qui, à la fois morcelle et décuple l'instinct de propriété par crainte du vide ? Personne ne peut le faire pour personne, nous sommes seuls devant le choix du dépouillement. Ce choix demande humilité et modestie, Autonomie et Foi dans une libération jamais conquise, car toujours en capacité de perfectionnement.
Au cours de ce cheminement libérateur, l'homme pénètre sa Dimension de profondeur. Cette voie est dépassement. Certes l'entrée dans une Connaissance jumelée à l'Amour ne se fera pas sans effort. L'épaisseur de la nuit correspond à l'intensité de la lumière qui va survenir et se déployer. Les Voiles un à un se déchirent et le Secret des secrets se découvre. Peu à peu, l'homme orienté vers la sagesse découvre l'importance du détachement et ses exigences. Il ne choisit pas cette voie, elle s'impose à lui. Le renoncement va lui permettre de revêtir la Robe Nuptiale et de célébrer l'Androgynat des Nôces du Féminin et du Masculin, du sensible et de l'intelligible, du temps et de l'éternité. Devenu androgyne vivant, unifié, l'homme participe avec une Totale Liberté à l'un et au multiple. " Tout Est Nôces ".
L'homme est toujours le même, il ne saurait varier dans sa variété existentielle. Des instincts Ancestraux somnolent dans ses entrailles. Mais rien n'est jamais définitif, l'examen de la condition humaine exige un extraordinaire équilibre dans la mesure et une sensibilité constamment maîtrisée. Un tempérament anxieux ne saurait supporter sans effet nocif cette impitoyable lucidité. Apprendre à boire de l'eau de son propre puits exige toute une préparation : celle qui convient à sa capacité personnelle. Imiter les autres serait inconfortable. S'interdire toute copie résulte d'une Véritable Maturité. Mais la plupart des hommes sont-ils capables de la découvrir ? Dans tous les cas, l'espérance mène plus loin que la crainte. Ayons la Sagesse de nous accrocher à l'Espérance.
Les deux Dimensions : Cosmique et Divine, ne sont pas étrangères l'une à l'autre. Présentes dans l'homme, elles ne cessent de se rencontrer, de s'aimer et de s'unir. L'homme participe de la nature et la contient en lui-même. Animé par les Trois Règnes : Minéral, Végétal, Animal, il communique intimement avec les niveaux cosmiques. Envers l'homme, la nature s'avère révélatrice. Et seul, l'ami des mystères perçoit cette intimité à travers la multiplicité de la Création. Le chemin s'ouvre dans cette symbiose, Corps, Âme, Esprit, cette "Sapiensa" : conformité à l'ordre du monde (Macrocosme) et de notre être intérieur (Microcosme). La Transfiguration de l'Âme s'accomplit là avec lenteur. La Magnifique Beauté de l'Univers devient un modèle auquel la Beauté correspond. Dans l'homme éveillé, l'humain et le Divin se retrouvent et, lorsque la Lumière nous traverse, elle se colore suivant notre singularité. Le Miroir de la Nature favorise la Connaissance de Soi. Orienté vers l'éveil, l'homme comprend la nécessité de savoir d'où il vient et de savoir où il va. Aller vers soi, vers sa profondeur, est donc une façon de se diriger vers l'Eternel. Se quitter suppose qu'antérieurement on s'était trouvé.
Nous avons conscience de l'espace extérieur superficiellement. Impossible d'en récuser l'existence, celui-ci nous envahit que trop, il n'en est pas de même de notre espace intérieur. On peut vivre en l'ignorant ou encore le considérer comme superfétatoire. Or l'espace intérieur est d'une vastitude totale, l'Espace Intérieur se découvre. Un jour, il s'impose. Le Voyage intérieur n'est pas le fruit d'une décision, on s'y trouve embarqué malgré soi sans aucun préalable, dans un moment de grâce. Le Voyage Intérieur exige la Solitude. Personne n'accompagne personne dans un tel cheminement itinérant. Nous voici rigoureusement Seul, au début plongé dans l'immensité de l'espace du dedans : tout chancelle. Eprouvant l'impression de perdre pied, d'être submergé, il s'affole. Pour se rassurer, il quête un regard, une main, un sourire, un son. Personne ? Son lieu est semblable à un désert. Pas de Caravane, pas d'Oasis Verdoyant. La Tentation serait de chercher au dehors un point d'eau : non le puits de breuvage Divin se trouve au dedans de chacune et de chacun.
L'Espace Intérieur devient une réalité uniquement dans la mesure où l'on peut s'y mouvoir. L'Espace Intérieur ne supprime pas l'espace extérieur, mais, au contraire, il lui procure un immense déploiement. La Véritable Voie traverse le Corps autant que l'Âme. Le véritable temple, c'est l'homme. Régénéré, faisant retour à sa condition originelle, le fils d'Adam devenu fils de l'homme exalte sa condition essentielle. L'expérience intérieure n'est pas atteinte par le langage, elle échappe à tous concepts. C'est dans ce fond que l'âme accède à une vacance, à un dépouillement de l'évènementiel, Transformation Essentielle, union sans moyen et sans mode. L'homme extérieur écoute et voit avec les yeux de son corps. Il ne peut saisir que le superficiel des choses. L'homme parvenu à ces fondements, écoute et voit avec l'ouïe et la vue de son Coeur. Il lui devient possible de traverser les images, les symboles et les formes. Tout pour lui devient transparent. L'Âme ainsi auréolée, semblable à un miroir se révèle. Sa Lumière est reçue dans l'Amour.
Aborder la profondeur ne convient pas à tous. Cependant, il importe de partager avec bienveillance les expériences d'autrui qui ne sont pas les nôtres. La Voie conduisant au dépouillement total, comprenant le renoncement à soi-même est rarement suivie, cependant, elle seule donne accès au mystère que Dieu révèle, il est dit dans (Exode 23/2) "Tu ne suivras pas la multitude". La culture modifie la vie de l'homme, mais elle ne détermine pas son entrée dans la condition divine, ni l'orientation vers la perfection. Dans l'éveil, l'homme est vu dans une nouvelle perspective, celle de son plein épanouissement et de sa beauté. L'homme est situé, non dans la mobilité du temps, mais dans le dynamisme de sa mouvance au sein de l'Eternité.
Au dehors de l'Inculture généralisée, se présente un manque total d'ouverture, concernant l'acquisition de la Connaissance de la Condition humaine, c'est-à-dire de l'accés à l'authenticité, à l'éveil et à l'évolution de la conscience. La foule commune baigne dans un épais matérialisme où dominent le sexe, l'argent, le pouvoir, les succés personnels, le confort ou les plaisirs, la bouffe ou le dénuement le plus complet par la faim et la misère. La vulgarité de l'existence ne saurait retenir le sens de la Beauté et la Connaissance. La finesse de l'Esprit, le sens d'autrui, l'ouverture vers l'essentiel - c'est-à-dire l'acquisition de la Sagesse et de l'Authenticité - est chose rare : l'individu ensevelit dans le temps s'inscrit dans la succession des jours et des évènements extérieurs. Il épouse non seulement le langage de son époque mais tous les comportements en usage. Incapable de penser par lui-même, il répète et duplique les clichés des marchands du Temple. Tout questionnement est récusé à l'avance. Totalement ignorée, la Dimension Humaine et Spirituelle est oblitérée. La dimension divine, dont parfois il était presque naturel d'éprouver la présence, s'éclipse.
Orienté vers l'éveil, l'homme au contraire, se tient dans un Océan d'incertitude bénéfique, il accroche sa vie à un fil d'or. Celui-ci le maintient au dessus des abîmes. En se confiant à l'Eternel, il abandonne ses doutes, son non savoir, et ses angoisses, et s'ouvre ainsi à une nouvelle naissance. Cet état de simplicité dégage des énergies subtiles, une Joie Intérieure l'habite. Bien sûr dans cette démarche orientée vers l'Essentiel, chacune et chacun se heurtent à ses problèmes personnels. Les obstacles se différencient selon nos singularités, mais le but est le même : Atteindre l'Unité.
Franchir le Seuil de la porte étroite, quitter l'enceinte du conformisme ambiant, doit répondre à une obligation de Conscience. Aucun n'est à l'abri des Tempêtes et des Séismes intérieurs. Se croire intouchable serait faire preuve d'une totale inconscience. L'approche des Mystères en nous est semblable à un feu. D'ordre Universel, l'indicible atteint qui il veut. La Source Divine innommable gît dans la profondeur de chaque être. Le passage du visible à l'invisible, de la manifestation à son au-delà, est le fruit d'un appel secret et d'une libération. Tourné vers la beauté intérieure, le miroir de l'Âme reflète ce qu'elle contemple. Dans le Secret de ce dépassement s'opèrent les Nôces.
L'homme est appelé à se diviniser, tout en demeurant totalement distinct de la Divinité. Soudain il passe de la Psyché à la "Pneuma". L'Intellect est en nous, chassé de sa demeure au moment où arrive le Souffle Divin. La Conversion au Verbe s'opère par l'Amour, l'Âme aime comme elle est aimée. En s'unissant à l'Amour, l'Âme aime d'aimer, elle n'aspire à aucune récompense extérieure à l'Amour. Un Tel Amour n'est jamais mercenaire, l'Amour pur ne demande rien que d'aimer. Dans l'équanimité, l'Âme parvient à un état de Liberté.
L'Un, l'éveil, n'est pas une cime à atteindre mais un juste milieu, un balancement d'infini entre l'existence et l'essence profonde de l'être. Il unifie en suscitant des rapports biens liés. La ligne de jonction se situe à l'intérieur de l'Âme, dont la partie supérieure est pure "Essence", et impure la partie inférieure "existence".
L'Un pourvu, l'homme déborde de sa Surabondance. L'erreur commise par l'homme banal est de privilégier l'action au lieu de vivre pour l'Un. Il tombe dans l'orgueil d'une réussite Spirituelle qui n'en n'est pas une . En Spiritualité il n'y a pas de réussite, étant donné qu'on ne cherche rien, ne possède rien, n'avons besoin de rien. L'Essentiel se tient en lui-même. Une spontanéité jaillit de la profondeur, où tout est donné en abondance. L'Unité Transcendée se suffit à elle-même.
Tout Mouvement Infini épouse le mouvement fini qui s'est métamorphosé. Désormais, grâce à la recherche d'éveil, le mouvement ne part plus de sa chute mais de sa rédemption. Le mouvement d'un être envisagé dans sa singularité est en même temps le fondement de son intangible distinction. Mais se libérer du temps et de l'histoire suppose une constante ascèse, un détachement effectif. Le renoncement à la dualité, fait partie intégrante du cheminement de l'homme orienté vers la Sagesse.
Une des formes de détachement qui s'impose à l'homme éveillé vers la profondeur est de renoncer à vouloir que le monde soit un et identique pour tous. Exercer une pression pour faire partager ses propres convictions constitue un manque d'amour et de respect. Ce qui nous convient peut devenir pour l'autre une entrave et stopper son développement. Personne ne possède le monopole de la vérité. L'éveil de Conscience comporte des degrés. Un seuil doit être franchit, et c'est pas à pas qu'il convient d'accomplir le défrichement de son propre chemin. L'apprentissage de l'Amour est lent et difficile à réaliser. Le Détachement Véritable apparaît être le résultat d'une connaissance de soi-même, permettant de vivre son Divin profond.
Dans la démarche, faite de confiance et d'humilité, donnant accès aux Nôces, on part nécessairement du sensible vers l'intelligible, du temps, vers l'éternité. La Traversée des étapes successives correspond à un retour vers la Source Initiale - car, dans le secret de son propre mystère, l'homme porte en lui la nostalgie d'Unité. En elle, connaissance et amour se conjuguent. Les contraires vont se dévoiler dans la richesse jumelée de leur différence. Les Coeurs simples rentrent ainsi dans l'indicible Béatitude. Vouée à l'intimité, cette Oeuvre relève de l'Ouvert. Elle se développe dans le secret. Car personne ne peut vivre sa mort symbolique en la partageant avec autrui. On est seul dans le passage d'une rive à l'autre. D'une façon identique, c'est dans la Solitude et le Silence que le combat a lieu. La Dualité s'émousse avant de s'effacer.
Tout être humain, né fils ou fille de la femme, est invité à devenir fils de l'homme dans l'Androgynat de son éternité, là où il n'existe plus de séparation, l'homme unifié épouse la Sophia. L'homme unifié est un Temple, du Parvis de son Temple il monte au Saint des Saints à la rencontre extatique de lui-même. L'attirance sexuelle, psychique et amoureuse entre l'homme et la femme et la femme et l'homme, symbolise cette autre rencontre, résultante d'une intériorisation à deux. Tuant la Dualité au-dedans d'eux, celle-ci est abolie par l'Amour qu'il se porte. L'Androgyne humain est un être totalisé, quoique sexué, distinct de l'autre, mais qui quitte l'altérité de sa condition. Etre en état d'éveil, c'est travailler à cette Mutation, ainsi l'Homme Nouveau, Unifié, Intériorisé est en capacité d'Amour Equanime.
Le Coeur entend un murmure doux, celui d'une Source s'écoulant dans un filet d'eau très pure à peine perceptible. Impossible de douter de son origine, en raison de la Vastitude vécue au-dedans de l'être. Le Silence est à la fois capté en ses Vibrations subtiles, musicales et lumineuses : sorte d'acuité subite, beau surgissement imprévu, d'où naît une Louange, en Action de Grâce. L'Amour se meut en joie, en jubilation discrète qui fait briller les yeux des Amants. Le Coeur sourit. Vouloir sentir ou ressentir par émotivité , n'aurait aucun sens, dans ce cas. Quelque chose se pressant et se présente avec certitude. Il y a un avant, un après, et Un au-delà. Le détachement récuse tout ce qui s'apparente au doute, à l'angoisse, aux multiples formes de crainte et d'inquiétude. Celle ou celui qui a renoncé à lui-même, plonge dans la vacuité et la vastitude d'une Paix Intérieure qu'aucun évènement ne trouble. Nous devenons, Enfants de Lumière en cet Instant Magique.
Le Ciel représente alors pour nous le principe actif, masculin, la Terre le principe vital, féminin. Le Ciel est Ivre d'Amour en pénétrant le Corps de la Terre Matrice du Vivant. Le Cosmos, les Dieux, la Vie et les hommes sont issus de ce Mariage Extatique. Rien n'aurait pris forme sans cette Danse. Cet Androgynie symbolise la Totalité, les Nôces Divines, car l'Androgynat vécu amoureusement correspond à l'Authenticité parfaite de l'Union. Dans les êtres éveillés qui touchent du regard et du souffle, l'Amour qu'ils font à la Vie devient comme un Soleil. L'histoire des hommes n'a jamais cessé de croire à l'avènement futur d'un "Âge d'Or" (mais bêtas que nous sommes, nous ne voyons pas, que nous le portons tous, en nous).
Tant est difficile de devenir un être humain à part entière que cela exige une orientation constante vers l'Unité dans la Multiplicité. Rassembler les éléments éparpillés çà et là, telle est, là, l'oeuvre d'amour qui mérite de porter ce nom. En cette période troublée, certes très éloignée du Temps où l'émerveillement faisait partie de la Dimension Cosmique de l'Humaine condition, nous avons oubliés qu'il nous faut marcher à travers Ombres et Lumières, d'un pas sûr. Tout deviendra Lumière pour ceux qui renonceront aux oppositions stériles. Pour ceux qui unissent Amour et Foi, "Les Nôces Fécondées de Vie", seront au Rendez-vous de "L'AMOUR".
Alors un Ciel et une Terre Transfigurés naîtront. Soyons Celles et Ceux qui ne laisseront, derrière eux, aucun souvenir dissipant de la médiocrité. Devenons les Messagers Trans-metteurs Symboliques de la Lumière des Cieux. Ce "Chemin Initiatique", Cet Or Pur, se situent dans le Mystère Profond de l'Homme, chargé des Voies de l'Espérance et de l'Amour.
"Je mettrais "UN CHEMIN DANS LE DESERT"
(Isaïe 43-19)
Je tente de baliser mon Présent,
Avec des attentions pudiques,
Laissées aux lieux de mes passages.
Ce soir, je découvrirai encore,
Mes "Nôces éternelles",
AVEC LA CERTITUDE,
QUE LA VIE EST UN CADEAU,
REVELE EN TES FLANS
"Ô ! DESERT BRÛLANT"