Offrande de Soi

Publié le par Djilali Jamaï

 



À L'Offrande du Soi, il faut se laisser prendre, être pénétré de mystère comme une femme qu'on féconde. C'est la Conscience du caché qui nous est nécessaire. Il faut retenir la manière et, non le formel, atteindre le Silence dans notre Âme et, écouter la réponse de l'Esprit. Se convertir pour apprendre à éxprimer l'Amour sans le posséder. Se centrer au Coeur de soi pour ajuster l'écoute de l'autre. En nous, rien n'est totalement Libre, si ce n'est consenti. L'Âme a besoin de l'accueil du regard pour dire sa Sagesse, sa Force et sa Beauté. Elle a besoin de la Paix et du sourire du Monde pour dire avec Bonheur ce qu'elle est. C'est cela la Contemplation en vous et la Révélation de l'homme ou de la femme d'Amour. Il faut y mettre le Feu Vivant pour qu'elle s'anime. Éveillés, nous sommes les Incendiaires du Vivant. 

Cheminez avec lenteur et travaillez avec confiance pour aboutir au grand "Oui" de cette aventure spirituelle, car notre oeuvre extérieure, elle, sera utilisée, pétrifiée et détruite, c'est une loi de l'existence. Ne restera que la Métamorphose aimante de notre être : l'Essence de nous, représente le don de notre existence à ce qui est. Cette part de nous-mêmes où l'on vit où l'on pense, où l'on souffre, où l'on aime dans la pure sincèrité, à ne jamais oublier l'Amour. Dans la vie intérieure, tout se concentre en un point sans épaisseur. "Tout est là, Présent", dans le lieu où vous vous situez en vous-même. Tout est vécu dans le coeur de l'Âme, d'un même Amour. La Vie est le résultat d'une respiration douce de la multiplicité toujours accrue des expériences, dans l'Unité toujours renforcée d'une volonté de vivre intensément ensemble. Ce ne sont pas nos actes qui nous sanctifient, c'est nous qui sanctifions nos actes. La Maturation commence lorsqu'on se retrouve, face à face avec soi-même, Libre.


La Solitude est difficile, intense, absolue, mais c'est notre Véritable Centre, notre Liberté fondamentale. Le climat de l'Amour est variable et imprévisible. Il est fait d'intensité, de passion, de manque, de rêves, et de folies, de séduction et de ferveur, d'exigence et d'intolérance, de douleurs et de joies, de désespoir et d'étonnement. Il est imprévu, inattendu, discontinu, apatride, toujours en danger au bord de la perte et de l'abîme, toujours inconsolable ou bléssé, plein de ténèbres et fou de lumière. On ne sédentarise pas cet éternel Nomade qu'est l'Amour. Il ne nous appartient pas : Il est.


Toute forme de vie est à son Origine faite de pureté et d'innocence. La Vie, dans sa globalité, est sacrée, parce qu'elle est cet éveil de la Conscience, hors du sommeil indifférencié de la nuit cosmique, tandis que la mort, cet indicible gouffre en lequel tout disparaît et reparaît, est certes la dimension la plus insondable du vivant. Le Sacré est ce qui perpétue, l'Acte Originel de la Création, tout en élevant la Conscience de ceux qui y participent. Il est la manière de vivre l'impérissable dans l'évanescence même du quotidien. L'Amour est la dynamique essentielle de ce cheminement. C'est cette capacité de recevoir l'âme d'autrui sans la retenir pour soi. L'inspiration de l'Amour vient d'en haut, de la Sphère Symbolique des Archétypes, où, tous les états de l'Humanité règnent depuis la nuit des temps, dans leur Beauté originelle et sacrale. Aussi, l'Art d'aimer, est de se rendre disponible et ouvert à cette Beauté Sacrée. Partout, où se posent mes roues, mon espace se trouve libèré et le Temps n'arrête pas ma progression.


Tout Symbole interpelle celle ou celui qui le contemple. À l'enseignement qu'il livre s'ajoute un conseil : celui de ne pas se fixer à ce qui est découvert. Le Symbole de Vie est comparable à un échelon qui doit être franchi, pour remonter vers la Source Initiale. Peu à peu, le méditant délaisse l'horizontalité, au profit de la dimension verticale. Il abandonne le superficiel pour l'approfondissement. Tout Symbole comporte une ambivalence, un double aspect positif et négative, une lumière et son ombre. À son point ultime surgit une alliance entre les contraires et, par voie de conséquence une transmutation. Ne devient libre que le renonçant, celui qui n'engrange rien pour le posséder, celui qui a l'Amour de l'immensité, du Mystère, du détachement, sans lesquels le monde invisible demeure clos ; la coque se brise et le centre secret, le coeur, le noyau, la perle fine livre son trésor de Beauté. Chacune et chacun la recevant, selon sa capacité d'éveil. Celle-ci relève de la qualité de l'instant vécu, et, seul, l'homme animé par l'Esprit (Pneuma) opère la Transfiguration. Le Coeur pur possède un attrait naturel envers l'innocence et la Virginité de l'Âme. L'aile précède le vol de l'oiseau. Une Terre sans air, ne peut nourrir le feu intérieur. Le Sage n'entretient pas en lui les soucis, il les laisse couler, comme l'eau d'une source, en fleuve, pour la rendre à l'Océan.


Le Monde se recréé à chaque Printemps. Le Jeune Soleil illumine le Ciel d'êtres ailés. le devoir de l'imprévoyance, c'est de laisser la Spontanéité Primale s'exprimer. Vivre dans l'instant, c'est être perpétuellement neuf, se fiancer sans cesse, vivre des Nôces Eternelles. Le Couple amoureux que nous faisons avec l'instant symbolise les Nôces de l'Infini et de l'Amour. L'évasion de l'hominitude correspond à la geste ailée : c'est pour cela que les Anges ont des ailes. Pour vivre de la lumière du ciel, et, s'inscrire dans l'espace illimité. Être éveillé, c'est être indigène de la dimension, quitter le carré des hommes, pour la Sphère des Dieux. La Terre et l'Ether sont visitées par les esprits libres des entraves du conditionnement.


L'enracinement correspond à l'ignorance, le détachement libérateur a la Connaissance. La transparence est toujours nomade ; l'Ether est l'immense gloire de la vacuité où rien est tout. Le vide conduit inéxorablement vers la lumière, lumière vivante que le Soleil symbolise. Le Soleil ne parle pas, il s'exprime par sa clarté immense. Il faut être libre au-dedans, pour intérioriser la lumière, cette lumière du dedans. Alors, dans l'instant l'homme devient l'Enfant de la Lumière. Il ne saurait échapper à la Dimension Cosmique. Tout Symbole formule une invitation à l'égard d'une réalité qu'il s'agit d'atteindre, et, aucune patrie ne retient l'homme éveillé. La liberté accompagne la légèreté que la pesanteur récuse ; la Liberté refuse l'horizontalité pour épouser les énergies verticalisantes qui mènent à l'ascension, ce point de passage du Terrestre au Céleste.


Certes, l'homme qui passe de la dimension rampante à l'état d'éveil risque de devenir la risée d'autrui. On se moque, volontiers de ce qui échappe à la compréhension ordinaire. Mais, peu lui importe, il vogue sur la mer du ciel. Le Sacre de la Vie s'instaure, dans la mesure où l'être humain s'offre au sens de la Nature, non seulement dans sa Beauté, mais aussi dans sa Splendeur. L'Amour en lui provoque, le resplendissement d'un jour, constamment nouveau. L'éveillé éspère tout sans rien attendre, la lumière a son ombre, l'endroit a son envers, le temps s'efface toujours devant la durée. On y cherche la partie incréée et sacrée de l'homme. L'obscurité n'est pas toujours noirceur, ainsi l'ami des mystères croit savoir aimer. En réalité, c'est l'Amour qui aime à travers lui. Une révélation extérieure ne nous révélerait rien, si elle n'était pas déchiffrée à la lumière d'une Révélation intérieure. Mais, la lecture de ce Symbole éxige toujours une tranquillité d'Âme ouverte sur la Résurrection. Au Sommet du Vivant, ce n'est pas le Savoir qui domine, mais la docte ignorance qui ouvre à l'interrogation. La Plénitude de la Lumière n'est jamais acquise, notre nuit est toujours porteuse de Lumière Révélatrice.


L'homme vulgaire non seulement ne cherche pas à déchiffrer un enseignement caché, mais il ne le soupçonne même pas. Pourtant ce code secret que tout homme peut découvrir, quand il pénètre dans sa dimension de profondeur, est là, à sa portée de main. Se donner les moyens et la capacité de le comprendre, c'est détenir la clé des Symboles. À cet égard, l'apport de l'Orient paraît plus dense que celui de l'Occident. Le Principe de flamboiement de l'éveil se trouve en nous-mêmes, dans l'âtre du Coeur. Il importe d'animer la braise d'Amour par l'usage du Souffle. Telle est l'animation nécessaire à l'éveil. La mort à soi-même est symboliquement le signe d'une nouvelle ampleur, là où la Contemplation l'emporte sur l'action, la Méditation sur le mouvement, en un Souffle annonciateur du Verbe, porteur d'Amour.


L'aventure humaine consiste à découvrir sa Dimension Divine animée par l'esprit : l'existence n'a pas d'autre but. Quiconque cherche l'éveil par des demonstrations est pareil à quelqu'un qui chercherait le soleil dans la lune. La Clé de la lecture demande un travail assidu, elle éxige l'ouverture à un désir de Création et à un accord avec les grandes profondeurs de l'être. Dans cet ouvert, nous devons engendrer une béance, d'où jaillira une intuition fulgurante ouvrant la fenêtre de l'infini. "Laisse-toi envahir et tu seras transporté”. Un nouvel espace s'ébauche et l'existence s'en trouve modifiée. Vivez Amies, Amis, pour le seul plaisir de magnifier le Soleil en vous. Découvrez émerveillés la Beauté des corps glorieux que vous êtes, dans le dialogue amoureux entre le visible et l'invisible : le Monde invisible ne cesse d'observer l'homme pour l'aider à se conquérir, par l'éveil.


Il est naturel pour l'homme de vouloir briser les limites qui forment pour lui des frontières. Le merveilleux, alors, s'apparente en lui à la dimension divine dans laquelle l'impossible devient possible. L'imagination féconde mène l'évolution de l'homme. Tout dépend seulement du désir de s'élever, et d'être totalement, ce qu'on doit être. L'éveil se trouve toujours pour celle ou celui qui le cherche, mais le découvreur spirituel doit nécessairement mourir au Monde, pour acquérir la parfaite liberté, le conduisent, pas à pas à la Sagesse. La fleur n'éprouve nul besoin d'une présence de regards, ni d'odorat pour exhaler son parfum. L'Âme fleurit en ésprit. Elle célèbre elle-même sa délivrance.


L'éveil véritable résulte d'un choix délibéré d'être en marche ; il vient au-devant de l'Âme prête à son envol. Le Temps et l'Espace sont dépassés sans pour autant ne pas vivre son quotidien. Quand la grâce d'un éveil nous plonge dans la liberté d'être, elle ne nous déracine pas pour autant : allègement ne veut pas dire désengagement. L'éveil est une sorte de rajeunissement de virginité, le face à face avec soi n'en est que plus réel ; et la jeunesse de l'amour ne cesse de croître dans le ciel et sur la terre, pour qui s'éveille. Seule, l'Âme unifiée peut conquérir une liberté parfaite, et faire émerger l'homme nouveau qui éprouve, compassion et tendresse, pour l'homme physique et psychique : ce Vieil homme à l'image angoissée de lui-même.


La Traversée de l'éveil s'effectue toujours au profit du retour vers les origines, là où la conscience de notre médiocrité provoque notre étonnement. Car l'homme n'est pas destiné à ramper durant son existence, il est destiné à se dégager de toute sa pesanteur accablante. Sa recherche, quand elle est sincère, lui permet la Connaissance. Son Initiation au mystère l'ouvre à des espaces plus vastes, auxquels il convie son Âme. Le discernement des choix et des options en ce domaine s'accomplit par rapport à la nature de chacune et de chacun. Pour l'homme, l'esclavage désigne la conscience commune, le goût de l'imitation, la soumission à l'autorité qui le dispense de se prendre en charge, alors que l'homme en éveil tente une Nouvelle Naissance, une Re-Naissance responsable en ses choix et ses options accèdant ainsi à une Individuation révélée.


Malheureusement, la majorité des femmes et des hommes ne répond pas ou rarement, à sa vocation, et, par manque de courage, préfère se conformer aux modèles qui la banalisent. L'éveillé, lui, déploie sa Sacralité, dans une jubilation créatrice, née de sa parfaite liberté ; de cette liberté qui stimule sans orgueil, son ascension, afin de retrouver son état de pureté originelle. La voie de l'homme, révèle son état mental, elle correspond au regard qu'il a sur les êtres et sur les choses, dans le sublime concert de la Création. Là, où force et fragilité, finesse et épaisseur, harmonie et discordance chantent dans des espaces purificateurs, le "duo D’Amour”, entre Essence et Existence.

 

 

 OUI,

 

 Je t’ai donnée aux espaces de mon

 

                "ARBRE-HORIZON"

 

                                Ô ! VIE.

 

 Pour méler mon sang, au profond des couleurs,

 

                 de tes moissons multiples.

 

 OUI,

 

 Je t’ai dit, mon "Amour",

 

                 au creux de mon "ARBRE-CHAIR"

 

 AVEC DANS MES YEUX LE BONHEUR,

 

                DE T’INVENTER A CHAQUE INSTANT,

 

                                 DES "MOTS DE FEU", CHARGES DE

 

                                 "TENDRESSE INFINIE".

 

 

 

 

 

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