Pensées Zagoriennes : J'Ai Choisi

Publié le par Djilali Jamaï

J'ai choisi de vivre dans les mots, au coeur d'alphabets inconnus, là où les oiseaux chantent. Ainsi les langues me transportent sur l'arcane de mon corps éclaté.

Il faut être fou pour ne pas savoir que la salive n'y est pour rien... Il y a le coeur, il y a le soleil, il y a le vent, et toi, énigmatique palmier de sable entouré, au tournant joyeux de la dune-femme,épouse parfaite de l'ondulaire sinueuse.

Et toi, sirocco, refrain insurgé, ailleurs fascinant où martèle la méditation solitaire et pleine, à l'écume cristalline des chimères passagères. Dans mes racines Berbères chante le nomade enfoui dans ses rêves d'espaces inassouvis de jouissances éternelle

Il y a les éclaircies, les ténèbres où mon corps meurtri, pupille d’Amour, puise sa métamorphose, vie brodeuse dans mes humeurs sensuelles. L'arbre magique de notre alliance secrète cherche sa mélodie au feu du soleil, ce compagnon éblouissant, quand l'âme vit au firmament renouvelé. Il y a plus de souhaits à faire une caresse, quand le coeur vit au rythme des nuées.

Je veux être moi-même et rien d’autre, dans le chant de ma vie, car Vie, je ne suis ni ton amant, ni ton mari, je suis ce rien, libre, qui nous unit. Point de honte à dire et à faire des bêtises, elles clament notre Humanité. Notre vérité chante sa symphonie, au sein sacré de ta Matrice-vie, ô toi Vie éternelle extasiée.

Quelquefois, aux détours des chemins, un regard végétal joue à l'embéllie et l’ambre pourpre des corolles fleuries, évanescences de parfums subtils, enivre mes sens du feu des Amours perdus. Le bateau ivre de mon corps chavire d'aise sous la vague embaumée de sublimes tendresses, à l'orée des désirs cachés. Il y a l'incertitude angoissante des manques à vivre. Il y a l’attente des rencontres feutrées. Le gisement d'or enfouit des sexes illuminés où se joignent le chant des sirènes perverses. Dans le rien dans ce tout qui fait ma vie.

Il y a la source bleue " Meski " de mon ciel étoilé, où l’azur diaphane mes ombres séculaires, héritières de la subtile substance, épousée libèrée, quand dans les yeux de l'autre, s’affine la divine Présence qui me fit roi de moi-même, au royaume de l’infini. Dès l’instant des Amours, la fébrile rencontre fit résonner le ciel de vibrations sublimes, dans l’enchantement des corps révélés qui se répondent. Ce rien, cet unique rien, s'ajoutant à la multitude des riens, précurseurs d’Univers.

En moi, l’imaginaire fait son chemin et poétise ma vie au-de de l’au-delà delà des apparences, où croupissent les hommes sans foi, ni loi. Il y a le pain, il y a le vin ... et vient la Communion, réceptacle sacré, Baptistère des âmes, dans l’eau pure du baptème, qui me fit Roi, avec au coeur un seul désir : AIMER.


 

"Car le poète parle aux oiseaux et contemple les fleurs"

 

 

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Publié dans Qui suis-je

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