1 - Le Bêtisier de l'Excessif - 1.1 Paradise Now Artificiels
Paradise Now ! Le Paradis maintenant, tout de suite, comme dans un rêve ; un monde qui sonne faux, mais qui ressemble si fort au vrai. Qui ne tomberait pas dans le panneau du désir de vivre la visibilité du rêve ! Un Monde où règne tromperie, ambiguité, réduit à la frime. Soit ! Puisque c'est nous qui l'avons mis en scène. Le film tourne à guichets fermés. Images virtuelles en technicolor, truquages et personnages que l'on tient pour vrais. Embobinés par les roulements de tambour du rêve, rêvons... au Paradise Now !
La tromperie est totale. L'artifice envahit le spectacle. Hypocrisie, vanité, imposture s'y côtoient.Les mégalomanes médiatiques se chargent d'infuser la drogue psychadélique aux masses. Paradis Now ! Les crânes défaillants, informes explosent. Le look est donné avec l'emballage, l'apparence sert le contenu … vide. Du sensationnel sort la puissance de l'éphémère. Du simili au simulacre, il n'y a qu'un pas. Vieille histoire mimétique ! La rêverie faisant office de croyance. C'est la valeur-refuge des temps de crises. L'adhésion au coeur du vide. Exit ! La femme fardée, parée de sa rivière de diamants. La Limousine noire profile ses vitres teintées. La néo-vie du "Post Baba ", néo-branché va s’éclater, dans une boîte de nuit à la mode. La Mèche Punk du folding s'irise de fluos psychédéliques. Le fugace, le Star-tup, le Loft-story, Loana, tous vivent dans ce Palais des mirages. Masques de vérité faussée, car c'est le décor le plus beau : celui que l'on ne veut pas mettre en question, pour se conforter dans sa case.
Dans ce "Mardi gras" des habitudes, dans le siège du fugitif, dans le divan de la transgression, il n'y a pas de place pour un monde où les questions auraient des réponses. L'exhibitionnisme est un caprice d'imitation, servi sur un plateau d'argent. Parlez-moi, je ne suis pas encore connecté. J'aime votre verbiage stérile, quoique enchanteur. J'aime Mickaël Jackson décoloré. Prétention folle des choses vécues à la périphérie dans l'irréel. Regard sur le réel, sans aboutissement, voulu. Regard sans image. La fiction d'un l'imaginaire branché, sorte de compensation des aspects flous de ma vision paranoïaque. Une partie de Golf au Palm Beach me servira de prétexte à vivre comme un notable. Le crissement des billets de banque fait de moi un déphasé du goût friqué, sans fric. Mais, à l'usage, ce crissement deviendra un naufrage, avec la décrépitude due au temps. On peut attraper la carpe au bassin, grâce à un leurre bien hamçonné. Mais un leurre reste un leurre. Et, une carpe, reste une carpe.
Contraints à la représentation, nous sommes assignés au subterfuge, au mensonge, au mimétisme du semblable. Méfions-nous des leurres. Ils laissent la trace d'un simili-bonheur, dans leur sillage. La mise en scène n'a jamais fait la bonne pièce de Théâtre. Basculerons-nous dans l'obscène des rêveurs impénitents ? Ce ne sont ni les visages masqués, ni les faiseurs de paradis, encore moins les fardés en tout genre, qui vous conduiront à l'Eden Paradisiaque. N'ayez pas l'obstination de la symétrie idolâtre. Les copieurs de joies empruntées, computent en virtuel votre conditionnement. Cela vous enchantera un instant, au comble de vos illusions. Puis vous retomberez, pieds à terre, après la désillusion des agissements artificiels. Mardi Gras et Carnaval ! Ce n'est pas tous les jours. Plaisirs factices, de champ de foire ne se possèdent qu'une fois. Goûtez-en les excès, d'accord ! Mais, la médiocrité viendra vous assaillir en sus, après la fête.
Paradise Now ! Les plages bondées de fesses bronzées et huilées, en string ficelle. Paradise Now ! Les boîtes de nuit branchées, aux drogues jointées d'extasiants "Trip". Paradise Now ! Les charters bondés de retraités, de touristes bedonnants, en mal d'exotisme programmé d'arrêts "pipi". Paradise, Now ! Les fêtes foraines bruyantes, vendeuses de "Chichis". Paradise Now ! Les chasses télécommandées, aux lâchers de gibiers domestiqués, aux instincts déjoués. Paradise Now ! Ces autoroutes, engorgées de routiers et d'autos, par des chauffards fatigués, énervés d'accélération. Paradise Now ! Ces stades de Football survoltés, aux gradins enfumés de fumigènes. Des casseurs prêts à en découdre avec les CRS casqués et embrigadés sont en tribune dans le stade. Paradise Now ! Ces soirées "Télé" aux films violents, sanguignolants, explosés. Paradise Now ! Ces partouzes sexuées, sodomisées, ensuquées, de foutres sidaïquées. Paradise... ces banlieues bardées de "Dealers", vendeurs de drogues mafiosées. Certes, l'humour est une façon de se consoler d'être orphelin d'un mieux-être. Quoiqu'imparfait, tout étant assez bien pour exister, même dans cette folie singée. Mais, à choisir, je préfère vivre le vrai que cette démagogie de l'excessif qui m’ouvre au faux vivant. Paradis tronqué, ouvert à ceux qui s'y projètent, balisant leur mal à vivre dans des recherches factices de bonheur, vendu par les marchands de soupe qui, eux, n'ont qu'un seul objectif : l'abrutissement des masses et le lucre de leurs portefeuilles. Il faut bien le dire, malheureusement, elles aiment se décaler, dans l'absurdité d'une conscience non éveillée. Le laisser-aller ! Aucune réflexion, un peu mieux ciblée, ne leur est possible.
Les petits vertiges étant plus faciles à capter que les véritables valeurs dans l'existence des masses abruties de spots "Télé", quelque soit leur degré de perception, elles restent donc, dans le mimétisme commun : dans cette facilité à conclure un plaisir facile, remplissant leur univers concocté, par les "Médias". Les marchants bien intentionnés sont prêts à les faire chanter, pour mieux les dominer. Après tout, on a le "Paradise Now" qu'on mérite, n'est-ce-pas Mesdames, Messieurs ? Le faux, le clinquant, l'artificiel, seraient donc liés à l'ignorance, à la bêtise, au vécu d'un ludique bon marché. À la montée du fric, certainement dans les "lotos" ; puis au vertige et à la fascination du factice, par rejet d'un effort soutenu, pour faire un choix raisonné, digne de remplacer les jeux imaginaires des "Paradise Now" artificialisés. Cet instinct grégaire d'imitation du commun sert à soutenir l’angoisse de vivre sa vie, hors des chemins balisés par les autres. Question d'infantilisme qui se prolonge à l'âge dit ... adulte, ou dit adulte ! Obscédés par le désir de vivre nos fantasmes, nous ne faisons qu'exister, à travers cette délégation de nous-mêmes, faites aux désirs des marchands du Temple. Cette ignorance se poursuit depuis le début des temps. Le faussaire fascine, le faux-monnayeur plaît plus, parce qu'ils oeuvrent aux voies de l'interdit, qui fait rêver. Le séisme du rêvé, provoque le vacillement du désir. Celui-ci obstrue la pensée, montante de vécus plus sentis et plus vrais. Mais, d'où vient, cette fascination des images, provoquantes de la séduction, qui nous entrainent à dériver du bon sens populaire de base ? Nous ne les visionnons même pas, catapulqués que nous sommes dans la démagogie de nos regards ambulants. Le corps est là, comme les autres objets, sans l'étincelle d'une réflexion plus haute, en l'absence de lui-même, décervelé, prêt à sauter sur toutes occasions de déconnecter le réel, pour se donner l'illusion du bien exister. Désillusion radicale ! Quand la fausse fête est finie,... le Paradise Now ... s'est envolé ! Le rêve, aussi.
Du sexe, nul ne saurait dire, aujourd'hui, s’il est un jeu libéré ou pas, nul ne saurait dire si la jouissance sexuelle est vraiment plus planante à présent qu'aux temps passés. En sexualité comme en art, l'idée du "Paradise Now", en ce domaine intime, est absurde. Par contre, elle, l'obscénité vorace du "Pornos "est bien vivante, juteuse à point. Elle est bien présente, par la frénésie de l'image. La sollicitation et la voracité concourrent à faire la preuve de notre manque à vivre sexuel. Dans cette confusion du plaisir et du désir, dans cette substitution, et cet amalgame, rien n'a son pareil. Matérialisé dans l'imagerie des positions multiples, on éjaculera, et on oublira tous les gestes et les regards de contemplation de l'aimée. Nous voici, dans une dérive du "Paradise Now" trés apparente. L'inadéquation au bonheur de vivre renvoie à la fornication la plus bestiale. Elle est sans beauté et sans appréciation de l'autre partenaire. Cet exemple de dérive en amène, bien d'autres, plus graves.
Sous les oripeaux de la fausse fête, je suis la Grande Trompeuse, fardée de mes charmes. Vous perdre dans la fausseté de mes voies, quel régal ! Et, comme vous êtes trop imbus de vous-mêmes, vous ne voyez pas la feinte. Je vous ferme l'accès du rêve, que vous recherchez avec tant d'assiduité. Attention ! à vous, cependant, un train peut toujours en cacher un autre, qui provoque l'accident fatal.
Le "Paradise Now" peut être dans l'esthétique de la désincarnation, dans l'obscénité pornographique d'une vie offerte à n'importe quel chanteur de charme qui monte sur les planches. Le faux "Paradise Now" mène à l'errance, dans la sensation d'exister au-delà de soi. Sorte de remplissage, qui est tromperie sur soi-même. C'est l'illusion du "Paraître" à la page. Comme le caméléon qui change de couleur selon son environnement, l'homme moderne change de look, en s'incarnant dans le mimétisme du paraître, tout azimuts. Il oublie sa valeur de Créateur. Mise à mort après la récréation ! Il n'a pas de vraie lecture de sa vie. Il survit. Elle se doit, pourtant, d'être unique, cette vie.
Le Trip, le voyage, la folie ! C'est autour de ces pratiques de l'oubli de soi-même que l'on divague dans les plaisirs factices. Alors, le délire et le doute s'installent en nous, prend place l'envie du bonheur facile. Adieu le raisonnement, vive les vagabondages. L'alcoolique vit sa bouteille. En langage de cibistes, on capte à l'extérieur de soi ce qu'on est incapable de trouver par soi-même. Le chat informatique bavard devient une drogue de compensation. On quitte son identité pour se fondre dans les attitudes du conformisme ambiant. Ces valeurs nous semblent sécurisantes puisque pratiquées par le plus grand nombre. Le sujet devient objet. Les éléments matériels comblent le vide. Le manque de volonté identitaire fait le reste. Paradise Now ! ! Tu me permets de me défausser de moi-même, dans une fausse interprétation de la vie.
La socièté actuelle aime fournir aux hommes, suffisament d'angoisse du vivre, pour les inciter à se projeter dans le magma des groupuscules, ciblés, mode. La croissance vit apparaître, un certain bien-être, et même, une soif de bonheur. Elle a rempli les cabinets de Psychiatres et soumis les humains aux drogues psychédéliques.
Lentement, elles font leur travail de sape dans les esprits contaminés par l'exigence maladive d'un bonheur assuré. 45 Milliards de tranquilisants sont vendus en France, chaque année civile, pour calmer le stress et les angoisses. Et le "New-Âge" remplit ses stages de paumés en tout genre. Paradise Now ! Je te cherche, dans cette cour des miracles. L'homme moderne en est gâvé. Pourtant, il s'échine à trouver un peu de joie dans sa vie creuse. C'est le suicide en pointillé, de sa destinée de créateur.
Ce "Paradise Now", tant recherché, n’est-il là, à l'intérieur de nous-mêmes, là où on ne le cherche pas ? Rares sont ceux et celles qui se trouvent capables de promouvoir en eux, une exploration de nouvelles voies de conquètes du rapport au bonheur. Il s'agit, certes, d'un parcours solitaire. Les voies de ce cheminement passent par une remise en question personnelle. Cette remise en question, nécéssite une volonté libératrice subjective qui n'a rien à puiser, dans les viviers sociètales. Elles se trouvent dans la capacité de se rendre autonomes, par rapport aux autres. On ne découvre pas de fruits succulents dans les déserts arides. Dans l'inconsistance du temps, l'homme doit chercher sa pérénnité, seul contre tous, dans le silence de son coeur.
Il faut quitter les solutions proposées par les Sociètés humaines : le terrorisme qui provoque la mort du kamikase. Le narcissisme provoque une accentuation délirante des phénomènes "psy" que fait naître ce goût du même. Deux manières d'oublier les vagues promesses du "Paradise Now ". Une époque est là, actuellement, chargée de lassitude. Point d'échappatoire à cet ennui du vivre. Une reprise de sens est indispensable, sur soi. Le dérisoire est présent, partout. L'abaissement des humains semble s'inscrire dans les comportements actuels dit modernes et branchés.
Miroirs déformants du "Paradise Now", tu ne m'enfermeras pas dans ta toile d'araignée. À ton arrogance, je répondrais par ma volonté, de jouir hors de toi, Libre !
Je choisis le combat du Noble Guerrier. Je laisse la frime au faible. La bande s'écartera de mon chemin. Mon regard clair reflètera ma joie de vivre. Ma liberté comptera plus que vos miroirs tronqués.
Dans le dernier refuge des utopies collectives, nous retrouverons ce Pauvre "Paradise Now" s'éssoufflant à vouloir, à tout prix, convaincre les immatures. La liberté affichée de vivre d'un mode de vie différent assure celui ou celle qui s'y engage, le Bonheur d'être une personnalité véritable, unicité dans la diversité. Pauvres gens ! Porteurs des "badges" à la mode, du siècle. Pauvres frimeurs ! Vous êtes, incapables de vivre sans sacritfier au mimétisme ambiant.
Je vous plains.
Sujet actuel ! La "Bio-bouffe et Vie-pompe". Nous sommes des nantis, des jeunes vieux, des conservateurs, nés dans des musées poussièreux. Du fait de la standardisation de nos goûts, de nos gadgets, de nos lubies et de nos idoles d'un moment, nous vaquons, préoccupés inlassablement par nos petits plaisirs, qui ne dépassent pas l'horizon de nos vues étriquées. Un peu "rock" trés drogué de bruits, un tantinet "Zen", un brin yoga, drogué de jogging, de bains de boue, et de crème solaire. Tendres et blasés, racistes ou universalistes à nos heures. La nouveauté du "New-style" collée à la peau : Américanisée.
Année de la femme, année de l'enfant, année des droits de l'homme, année de l'environnement. Oubli d'un instant ! Un coup de télé... un match Bastia - Real Madrid. Le caddie de Supermarché plein en mains. Un Loto, tous le mercredi. Et une revue de cul pour s'exciter. Nostradamus pour la déprime. Et ! allez donc, c'est le "Paradise Now" ! des assurés, sexe et plaisirs. Ventres gonflés de coca-cola et de whisky, c'est le bonheur ! On bichonne sa voiture, remplie des gadgets à la mode le dimanche : le service d'entretien est assuré, tout compris, par notre perfectionnisme. La guerre fait rage, par ci, par là, sur la planète en danger de mort :, mais je m'en fous. L'eau va manquer. Mais, le chauffage marche, le DVD déroule le dernier film à la mode et nous jouissons du plaisir de vivre dans notre "coconning".
Ce monde artificialisé est dépourvu de coeur. Narcisse se porte bien, dans cet univers schizophrénique terrifiant. Ce substitut des fêtes, où l'idée de néant et d'ennui fait prime, est là. L'ennui ne s'avoue pas. Des jeunes ont le courage de dire qu'ils s'ennuient et se suicident. La recherche du décibel à tout prix, la fuite dans la drogue-party pour certains autres, se passent dans la conspiration du silence… on se fond les uns dans les autres pour éviter sa propre rencontre. Désir et Ennui sont couple dans l'ombre et l'agitation. Ils fondent sur les gens, en baccanale, des temps de crise. Les sens, les rythmes sollicitant le corps et l'esprit, dans une joie saine du "VIVRE" ne se conjugue plus dans ce "Faux Paradise Now", grand brocanteur de rêves surrannés non vécus. Le Vivre vrai ! C'est une fête : une célébration de la Vie servie, divinement.
“Star-Academy” vampirise trois millions cinq cent mille téléspectateurs, écervelés, en mal de reconnaissance egotique : Reccord à l’audimat, de la bêtise dérisoire. Le tour est joué. Les “Paradise Now“ sont des pièges aux alouettes... sans tête... des plus efficaces.