Désert (Marie-Madeleine Davy)

Publié le par Djilali Jamaï



Quand l'homme sort de la prison du "Moi ", il lui serait normal de s'exprimer sur son évasion. Mais l'Eveil n'est pas la coupure avec autrui, bien au contraire. Le Solitaire ou le  Nomade sont  avant tout des hommes détachés d'eux-mêmes. Ils trouvent dans le Désert un plein. Dans les déserts les traces des Nomades sont aussitôt effacées par le vent. Le vent véhicule un flot d'éternité, dont la fonction est de rendre muet. Le Grand Silence Intérieur alors, vous prend.

 

Aucune habitation stable n'est possible dans un lieu désertique ou en montagne. La Tente remplace la Maison ; elle se monte et s'enlève avec  facilité. Le Nomade se déplace sans le moindre bagage susceptible d'entraver sa marche. Quant à ses mains, elles sont nécessairement vides. Ouvertes seulement à l'égard de l'Instant présent, elles ne contiennent  ni  passé, ni avenir. Seulement de la Vie.


De ce fait, la Mémoire s'allège des souvenirs ; rénovée, elle devient une onde neuve. N'étant plus un réservoir, la Mémoire filtre sans retenir. Le Temps correspond à l'Instant présent toujours nouveau. Rien de refoulé ne saurait subsister. Une Réalité s'impose alors dans ces lieux solitaires : l'Eternel peut faire entendre sa Voix. Perçue, suivant la qualité de l'entendement de l'être, elle stimule un "FIAT " confiant et fidèle.

 

Le Désert se traverse. Avant de le quitter, il n'est plus pour le Nomade un lieu d'épreuves. Il est un lieu de profonde Contemplation. Devenu, Jardin de l'Âme, Rassasiement pour le Corps, Animateur des profondeurs du Coeur et de l'Esprit. Le Nomade participe à cette Mutation en passant de l'obscurité à la Lumière. Il a pu souffrir de la soif. Désormais le voici abreuvé.


Le détachement produit une Métamorphose. Le Désert correspond à une absence du Monde extérieur. Lorsque l'extérieur manque de pâture, l'intériorité germe. L'Eveil introduit dans l'Inconnu, la Vacuité, la Vacance conduisant à un au delà des formes. Le dynamisme du vide s'impose, son extrême mobilité surprend. Dans le Désert l'homme apprend à écouter intérieurement, au delà  des sons et des formes. Ainsi pour le Nomade, le Désert devient lieu d'Eveil à la dimension Verticale Divine. Désormais le voici un Homme rénové, conservant la Personnalité distincte de sa Vocation propre.




                     LE "DESERT"  CONSACRE 


                               LES NOCES DE L'INTERIORITE.


                                     IL EST LE LIEU DE L'ULTIME.  


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