Ode à l'Abeille
Brrr ! Brrr ! Brr ! Ô ! Maya l’Abeille, butineuse insatiable, toi, si belle en ta livrée, même si la guêpe te fait concurrence avec ses zébrures jaunes et son corps de star de cabaret. Elle ne fait rien que de s’occuper d’elle alors que toi, l’Abeille travailleuse, courageusement, tu parcours plaines et montagnes chargées de floraisons multiples. Choisissant la Fourmi dont le nectar enivrera tes sens subtils de s
es parfums odorants aux nombreuses propriétés médicinales.
Toi ! Maya, tu fais, dans tes journées, des kilomètres, t’arrêtant à la corolle de chaque fleur choisie pour sa valeur. Tu butines à souhait l’ennivrant pollen, chargeant tes pattes fragiles, à se rompre sous la lourde charge.
Une fois ta cueillette assurée, tu reviens vite à ta ruche, fière et bourdonnante, déposer ton butin aux pieds de ta Reine ou dans les alvéoles si architecturalement construites pour nourrir tes jeunes sœurs en gestation.
Brr ! Brrr ! Brrr ! Le travail d’élaboration du succulent miel se poursuit allègrement dans la ruche bourdonnante de joie. Chacune, en son rôle et à sa place, s’active à remplir consciencieusement la tâche que lui a assigné “Dame Nature”.
Ici règnent ordre et méthode depuis la nuit des temps immémoriaux du début du monde. Et Maya l’Abeille, en butineuse sérieuse, ne revendique rien, remplissant avec obéissance sa part de travail. Elle ne se syndique pas. Elle ne fait pas de manifs dans les rues des villes polluées, si sales, si puantes, construites par les hommes.
Brr ! Brr ! Brr !
Maya, les vibrations de tes ailes me rappellent le souffle de vie que lança la Création. Il permit aux espèces vivantes de se multiplier et d’envahir de beauté la Terre-Mère, cette planète bleue enchantant mes yeux d’Enfant de Lumière, chantée par les astronautes du haut de leur capsule spatiale.
Toutes les choses, sur cette terre bénie, m’ouvrent des horizons de contemplation, ravissant mon cœur et baignant mon âme d’une aura de bonheur. Là, je retrouve la paix intérieure qui m’est indispensable pour alimenter ma foi en la Vie. Elle passera inéluctablement, le temps faisant son œuvre.
Cependant, la folie des hommes ne prend pas conscience que ta disparition de l’ordre naturel serait sa fin. Car qui polliniserait les fleurs de ses jardins s
i abeilles, papillons et oiseaux disparaissaient de la terre ? Quelle fructification pourrait s’accomplir si la merveilleuse intervention de leurs va et vient ne pouvait plus faire évoluer les fleurs vers les fruits ? Disparition de la beauté multicolore, fin des formes
harmonieuses qui enrubannent les tiges des plantes si diverses en leur genre. Plus de miel dans les ruchers, plus de tartines succulentes au petit-déjeuner. Et j’en passe ! Le colibri au bec fin ne danserait plus admirablement au seuil des corolles ouvertes des floraisons exotiques.
Homme ! Fais bien attention, tu joues avec le feu dans ton orgueil démesuré de vouloir dompter la nature ! Elle est régie par des lois immuables que tu ne
saurais nier sans disparaître à ton tour. Le temps est venu d’une réflexion profonde sur le rôle de la bio-diversité. N’inscris pas la fin de l’espèce “sapiens”, ne sois pas cette espèce folle, prédatrice et destructrice de toute harmonie. Ne te prends pas pour Dieu !