4 - Le Boulier des Bouseux - 4.1 Opulence et Misère
Discourir sur le thème "Opulence et Misère" ne sert pas le projet consistant à sortir de la contradiction de nos comportements. Que nous le voulions ou non, nous sommes assujetis à vivre ensemble. Le temps des "Dominants et des Dominés" est à dépasser. La situation actuelle, les conflits qu'elle engendre font apparaître la responsabilité des idéologies en place actuellement, dans toute son obscènité. Toutes les Nations sont maintenant reliées par des échanges de plus en plus serrés. La rapidité des communications a réduit considérablement les distances d'un pays à l'autre. Les Cultures affrontent leurs différences. Les idées circulent à la vitesse électronique d'Internet. Les flux de capitaux se déplacent en une frappe de clavier. La notion de développement doit donc être remise en question à un niveau plus éthique. Les solutions, qu'elles soient capitalistes libérales ou socialistes sont totalement dépassées. Un nouvel ordre économico-politique est à inventer pour le bien des hommes et de leur Planète.
S'appuyant sur l'évolution, des technologies nouvelles, sur l'obligation de prise en compte des droits de l'homme, et sur la sauvegarde de l'environnement, nous n'avons plus le choix. Soit un monde ouvert sur un Univers équilibré de prises en compte de nos problèmes communs, soit la destruction pure et simple de l'espèce humaine. Les Cultures enracinées dans le passé, sont broyées par la technostructure. Les climats changent par l'intrusion de technologies polluantes industrielles, mal controlées. Les Peuples doivent trouver leur place entre des modes de vie exportés, américanisés, ou construire leur destinée à l'écart des séductions de l'Ouest, prototype de référence qui est le plus grand gaspilleur des richesses de la Terre.
Rompre avec les modélisations actuelles, qui, à priori, ne remplissent plus leurs rôles, est loin dêtre facile. Devant la pression de la dérive économiste, aucun peuple ne reste indifférent. La montée des urbanisations sauvages, due à une démographie galopante, touche tous les continents. Les flux d'immigration s'accentuent. Le mélange des éthnies et des modes de vie se démocratise. Le frottement des différences accentue le malaise, pour ceux qui ne veulent pas s'adapter à la nouvelle configuration du Monde. Rien ne sera plus comme par le passé.
Dans les conférences internationales, les diatribes populistes, les protestations des pays non-alignés du tiers-monde n'empêchent pas, ceux-ci, d'être représentés par des couches sociales, hautement privilègiées - et corrompues, pour lesquelles la faim et la misère de leurs peuples restent radicalement étrangères. Elles n'ont qu'indifférence à l'égard de leurs propres populations. La partie de l'Occident réflechie éprouve plus de mauvaise conscience ou de compassion pour ces problèmes que ces élites locales, malhonnêtes. Des famines et des guerres tribales éclatent dans ces pays, souvent par le fait de ces "Roitelets-Voyous", qui plument leurs propres peuples, en s'appuyant sur de beaux discours politiques. Leurs manigances se fait sur le slogan de l'anticolonialisme, alors qu'ils sont pires que les anciens maîtres de ces pays autrefois dominés de l'éxtérieur. Cette succession d'aberrations devra être corrigée dans un avenir proche.
Un autre phénomène aux conséquences diffcilement contrôlables est l'urbanisation massive du tiers-monde. Capitales pléthoriques, faites de millions de gens venus de la campagne, rêvant à une vie meilleure. Arrivés en ville, ils grossissent les ghettos urbains, sans hygiène, subissent la prostitution de leurs femmes, et vivent de petits boulots de survie, foisonnants lieux d’une misère excécrable. Des Bidons-villes se créent à la périphérie des quartiers chics, mal entretenus, qu'ont laissés les Européens colonisateurs. Le drame est complet. Les gosses se prostituent pour faire manger leurs petits frères. Le "Sida" propulse des populations entières vers les mouroirs et les hôpitaux engorgés par d'autres endémies. Triste bilan, qu'aucune "O.N.G" ne peut contrer, les moyens manquants à l'appel de l'urgence. Chaque année, on engloutit des sommes folles pour un résultat moindre. Rien n'avance dans ces perspectives. Le sous-développement se poursuit, inexorablement.
Par ailleurs, l'industrialisation du monde, s'édifie sur la Planète, par délocalisation des industries répétitives, où l'on exploite le tiers-monde. Ce système est d'une extrème fragilité. La complexité qu'il suppose garantit, pour de longues années, la stagnation de ces pays. L'équilibre du monde devient de plus en plus instable, dirigé par une poignée de managers aux dents longues, qui s'associent aux fausses élites en place. Au regard des mutations de fond, croissance démographique et urbanisation créent les conditions d"intégrismes de tous crins, qui projettent ces territoires dans le terrorisme actif. Ce ne sont pas eux, qui résolveront d'une manière profonde les disproportions d'un monde bipolaire. Ils ne feront qu'aggraver un peu plus la tension des états existants. Le monde continuera longtemps d'être fondé sur l'inégalité et l'injustice, mû par des états-voyous ou des groupes de pression internationaux, dont les intêrets ne coïncident pas avec une évolution ciblée et coordonnée pour sortir le tiers-monde de ce terrible sous-developpement épidémique. Ce n'est pas, avec des considérations moralisatrices ou avec quelques organismes généreux que nous gagnerons cette lutte sans merci, contre les déséquilibres flagrants, existant entre les hommes en ce début de millénaire.
Nous sommes, actuellement, dans un Univers où le chaos est à l'oeuvre. Le monde a toujours développé sa trajectoire, entre ordre et désordre. C'est une loi de la vie qui n'est pas révisable. Les crises servent de tremplin pour des avancées nouvelles. De tous temps, les hommes ont fonctionné comme cela. C'est en souffrant qu'ils apprennent à être plus fraternels. Triste constatation, sûrement, mais là est notre pierre d'achoppement pour avancer vers des expressions plus nobles de notre Humanité. La machine artificielle n'y changera rien. Les hommes sont les hommes, ni bons, ni vertueux, ni compétents : à tout prendre, un peu voyous. La Terre, elle-même est un être chaotique disait Edgar Morin, dans son livre "Terre-Patrie". Les hommes, étant des vivants sur terre, n'échappent pas à cette règle fondamentale, de recherche d'équilibre en eux-mêmes.
Opulence et Misère se répandent, sur la Planète "Terre". À travers ce vieux schéma crisique qui ne nous mène nulle part, enfin libérés de nos catéchismes idéologiques, enfin émancipés de tous les dogmatismes simplificateurs, au commencement de ce millénaire, saurons-nous défier le temps et bâtir une pensée positive neuve, un paradigme qui pourra satisfaire tout le monde ? Il s'agit, avant tout, d'échapper aux réductionnismes ambiants ; d'acquèrir ou de reformuler nos cultures politiques afin d'élaborer une charte de vie digne de nos réussites technologiques. Il s'agit d'apprendre un nouveau code de respect partagé, de mettre en échec nos vieux déterminismes. Et de partir, passionnnement à la recherche d'une quête nouvelle, à poursuivre notre évolution, dans l'intelligibilité du Monde.
L'exceptionnelle clarté nous sourira, dans la mesure de nos efforts communs à poursuivre la route confiée à notre espèce si bizarre, mais pour le moins trés vivante. La transformation peut trés bien se faire, si nous la voulons ensemble, de nos forces recomposées, pour un meilleur équilibre. Aujourd'hui, seule, une minorité le pense. Mais, elle deviendra la majorité quand les déviances deviendront intolérables. Nous sommes à la veille de cette nouvelle naissance, à n'en pas douter. La révélation du genre humain se fera dans cette réflexion ou ne sera pas. Rappelons-nous la phrase d'André Malraux : "Le XXIè siècle sera spirituel ou ne sera pas". En aurons-nous la volonté ? L'utopie est toujours la vérité de demain. Je mets mes espoirs dans l'Humanité souffrante. Elle réalisera son "Rêve".
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