4 - Le Boulier des Bouseux - 4.3 Paradis des Magots

Publié le par Djilali Jamaï

 

Au "Paradis des Magots", les macros sont friqués, les gogos sont fauchés. Les vases communicants n'ont qu'une source, celle de l'argent facile sur le dos des imbéciles. Des fortunes se font et se défont au gré des bourses et des placements. L'argent sale se cache dans les coffres secrets, des paradis fiscaux approuvés. Tout un monde interlope magouille aux pieds de ces lieux tolérés par les instances internationales les plus représentatives du globe. Personne ne dit quoique. C'est si bon, ce moyen de détourner des sommes colossales sur le dos des "gogos". C'est le "Paradis des Magots" ! Les magouilleurs démagos y font dodos sur leurs "magots".

Les structures mondiales des pouvoirs en place ont changées de main. La désintégration des empires et des nations a ouvert la brèche à tous les systèmes mafieux déjà puissants en place. Les transferts de fonds, blanchiments d'argent sale, récupérations de fortunes faites sur la drogue, la prostitution et les jeux de bourse, bâattent leur plein. Aucune police au monde n'a les moyens d'endiguer ce cancer généralisé du milieu des affaires louches. En conséquence, il s'ouvre un marché parallèle, des plus florissant, où s'engouffrent des sommes colossales. La fin des Empires a coincidé avec l'émergence de ces milieux non contrôlés. L'Internet des communications faisant le reste.

Il ne suffisait plus qu'à se servir les paradis fiscaux en place dans le monde pour satisfaire aux blanchiments de ces monnaies fluctuantes. Monaco, la Suisse et ses comptes non spécifiés en sont l' exemple européen. Nous ne les citerons pas tous, la liste est connue, même du grand public. L'impunité de ces pouvoirs d'argent a permis d'ébranler les positions politiques et de les phagocyter au service de ces forces cachées. Le dépérissement de l'autorité traditionnelle des peuples a fait le lit de ces transferts de puissance machiavélique.

Tout une faune satellisée autour de ces nouveaux bastions du pouvoir caché entretient la toile d'araignée de ces trafics juteux. La vente d'armements, la violence déstabilisante des sociétés par mafias interposées a fait la fortune des délinquants internationaux. Comme une pieuvre en son repère, elle dévore sa proie. Les "Marcos", les "Noriega" se servent d'IBM pour accroître leurs profits, enrichir leurs filières, leurs familles, et leurs complices. L'irruption de la mondialisation des échanges, la rapidité des transferts de fonds et le jeu sur les monnaies ouvrent aux délinquants en tous genres, toutes les facilités d'accès aux magouilles les plus juteuses. On pourrait citer la composante Yakuza, argent de sang-argent, tout blanc. Le jeu est de prendre avant de produire, directement ou par des filières organisées du crime institutionnalisé, le brigandage, le piratage, l'esclavage, et les tortures et tueries agissent avec la couverture des polices et des prétoires de justices achetées. La Yakuza est fortement impliquée dans la spéculation immobilière, servant les gros trusts de vendeurs vereux. De leur côté, les usuriers du monde moderne, usent de leurs influences sur les pouvoirs en place en difficulté. Ils participent aux réélections politiques, et ces derniers ferment les yeux sur leurs trafics.

Les jeux de sociètés, les galeries de jeux, du type "Las Vegas" sont des plaques tournantes du blanchiment de l'argent sale. Les trafics d'or, de diamants, de pierres précieuses, alimentent la table des casinos et autres boîtes de jeux. Elles fleurissent dans les stations à la mode. Les partis politiques reçoivent des subsides conséquents à la mesure de leurs compromissions avec ces forces d'argent. Ils sont chargés, ensuite, de favoriser, par des textes de lois assez flous, la continuité de ces flux financiers occultes. L'avidité faisant le reste. Dans ce combat de titans, entre mafieux, il y a des morts suspectes. La contagion de ce mal endémique poursuit son implantation, facilitée par la mondialisation sauvage et par la rapidité des transferts de compétences et de pouvoirs secrets. Les réseaux internationaux de ces "gangs autorisés" sont connus de tous. La monnaie fiduciaire disparaissant doucement, les mouvements d'écritures permettront, par des jeux d'écriture entre banques, de faire passer toutes les couleuvres dans le domaine comptable de l'argent. Derrière la caisse des comptoirs bancaires du monde entier se joue une partie dont l'ampleur échappe aux "gogos" du travail salarié. La source masquée, des nouveaux pouvoirs leur échappent totalement. Ils ont des préoccupations si villes et si terre-à-terre que les scélérats font leur beurre en toute impunité. Les Paradis Fiscaux regorgent de moyens financiers. Ils font basculer les économies des pays à leur gré. Au gré de leurs intêrets bien entendu.

Bien des pourfendeurs d'ordre mafieux se sont levés pour dénoncer le viol et le vol de ces ordres cachés. Ils ont été trés vite démantelés ou achetés à prix d'or, pour leur silence. La manipulation des messages et des médias, faisant écran à ces malversations, mêmes divulguées. Elles font l'objet de beaux comptes-rendus de presse et vite, elles sont noyées dans l'information courante des petites nouvelles et des chiens crevés. Aujourd'hui l'empire souterrain des mafieux dispose de plus de pouvoir, de plus de richesses, et de plus de prestige que nombreux pays. Sans lui, le monde périrait en un instant, car la pieuvre a encerclé, de toutes ses tentacules, le corps planétaire. Le cartel de la drogue, par exemple, est indémontable. Il agit là où il veut, quand il le veut. Ces nouveaux acteurs du monde dirigent d'une main de fer les affaires mondiales. Tous les services déployés pour les combattre ont fait chou blanc. La lourdeur bureaucratique est bien trop lente pour contrecarrer leurs actions rapides. En plus, ils sont tellement imbriqués dans toutes les affaires du monde qu'ils en tiennent le jeu par la carotide. Ils ne se cachent même plus. Ils ont pignons sur rues. Les pouvoirs sont à leurs bottes. La justice, c'est eux qui la font. La police est impuissante à les cloisonner. Les services secrets s'en servent pour le renseignement. Dans tous les cas, ils sont gagnants, même si l'on veut faire croire à leur démantélement sous peu.

Les formes de délinquances participent à ces Paradis fiscaux. Elles ne sont pas sanctionnées par la loi. Le pays qui l'envisagerait serait coulé en 24 heures par déplacements d'actions côtées en Bourse. Il serait mis à l'index de tous les trafics annexes, aux économies en place, quelque soit le type de régime au pouvoir. Les nations modernes sont cernées, dans le carcan de ces barons de la finance cosmopolite. Leurs organismes de défense contre ces dérives sont inopérants. Ils sont complices de ce jeu pervers et n'y peuvent porter remède qu'apparemment. Les limousines du Kremlin sont là pour l'attester en images. Voilà un empire défait qui ne compte plus que sur les mafias existantes pour se relever. Le peuple russe est au seuil d'une pauvreté criante. Pourtant la Russie regorge de fortunes colossales aux mains de quelques-uns. Le parti invisible de l'argent sale fait fortune, alors que des peuples entiers meurent de faim. Des dynasties de possèdants se montrent en plein jour, alors que la rue écrasée de misères, fait les décharges publiques. L'indécence est partout présente sur la planète.

Dans ce nouveau métabolisme de la confusion, les sociètés entretiennent à la marge des hordes de sous-développés, toutes violences dehors. Le pouvoir est dans une mosaïque de groupes d'influences qui gèrent la planète à leur guise. Aucune régulation digne de ce nom ne paraît possible à l'heure actuelle. De formidables énergies se trouvent libérées dans le tissus social dont nul ne peut saisir l'envergure. Dans la découpe-gâteau, la plus grosse part est entre les mains des voyous internationaux. Dans ce paradis explosif, les tenants du pouvoir mondial se jouent des juridictions et des tribunaux. "La Justice ou le Chaos", titre d'un livre paru en Suisse, revèle le drame du monde actuel. Le courage des juristes qui l'ont écrit, ne changera pourtant rien à l'affaire. Les paradis à magots existent bien. Ils sont des lieux protègés et bien gardés. Toute une jet-set mafieuse, baignant dans le luxe, et goûtant aux charmes de fêstivités somptueuses, se dévergonde, là, sans l'ombre d'un complexe. Après tout, les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent.

L'ampleur du phénomène dépasse les frontières les plus étanches. Ces paradis fiscaux sont reconnus et connus de tous. Personne n'a l'intention de les éliminer. Parce que personne n'osera attaquer ces bastions de la délinquance financière. Les risques encourus sont trop grands. On dénonce, on s'y oppose de temps à autre, et la vie continue. Les "paradis des magots" ont de beaux jours devant eux. Les hommes ne sont pas vertueux. Ils sont tous solliciteurs de biens de consommation. L'argent leur tient souvent lieu de conscience.

L'économie du crime s'est fondue dans l'économie légale. Et, c'est là, sa force et son influence sur les grands courants financiers du monde moderne. L'essor des paradis fiscaux est devenu incontournable. Ils sont alimentés de toutes parts : profits pétroliers, narcos-dollars, places off-shore, mafias. Bahrein, Hongkong, Singapour, les Îles Caïman, et bien d'autres participent à la finance internationale. Le Japon traine une masse de créances doûteuses, voire irrécouvrables. La croissance des uns est imbriquée dans la croissance des autres. Tous les pays sont touchés. Les banques suivent, pour ne pas provoquer un krach mondial. Des "bulles" immobilières et boursières gèrent ces sommes colossales. Tous les circuits de la Finance sont pollués par l'argent sale. Un monde sans loi, ni foi, se sert de ces plates-formes extra-territoriales pour faire fructifier ces capitaux flottants. Des êtres, sans noblesse de caractère, s'enrichissent sur le travail des peuples, sans le moindre souci de rendre des comptes. Ils vivent dans des paradis achetés à coup de dollars, entourés d'un luxe tapageur, sans qu'aucune législation au monde ne puisse les atteindre. Ils sont les maîtres du Jeu tout azimut. L'aveuglement, l'hypocrisie et la complicité des pouvoirs en places font le reste. Ils déroulent des tapis d'or sous les pieds de ces prédateurs sauvages. L'araignée tisse sa toile dans l'illégalité la plus criante. Elle double ses fils de la finance virtuelle. L'argent n'a plus de frontières. Il mène le monde à sa perte. Les satellites et les réseaux informatiques font circuler les capitaux à la vitesse de la lumière. L'ombre opaque d'un monde souterrain s'est emparée de ce marché flottant. L'argent noir s'accumule dans les "paradis des magots" La planétarisation du crime cercle tous les circuits. Nous en sommes tous complices, par le fait que nous y trempons sans le savoir, dans notre quotidien. Entièrement dominé par la loi du profit maximum, nous sommes enclins à singer pour une moindre part, les manières déliquescentes de ces pourvoyeurs d'argent pourri que sont les bailleurs de fonds de ces lieux, paradis abjects  servis par les adeptes du profit, sans merci.

Héraclite disait "Il faut savoir que le conflit est universel et que la justice est une lutte. Toute chose s'engendre selon la lutte et les nécessités". Aurons-nous le courage, un jour, d'éradiquer ces plates-formes du crime organisé, dans le respect d'une éthique nouvelle ? Là est la question posée à tous les Peuples de la planète Terre. Cette lutte, à n'en pas douter, modulera notre avenir, le plus certainement du monde.

 

 

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