Chant 18 : Oratorio "Nomade"

Publié le par Djilali Jamaï


La Conscience est personnelle ou bien ne l'est pas. Elle est pure perception d'une vision extensive au Tout, ou n'est qu'orgueil. Le moi est une Non-valeur Changeante, la première des non-valeurs. La vraie attention est Libératrice d'Amour. Il s'agit de se découvrir sur le vif, dans la plus grande simplicité du quotidien et de le fleurir d'Amour quoiqu'il arrive. Il n'y a pas de point final. Il faut se dévoiler à la Troisième personne, et aller gaiement de la Source à l'océan qui nous habite, pour redevenir, Nuage et Ciel : pour sortir du Temps, et vivre comme un Errant Nomade, sans bagage, au rythme absolu de la Nature afin de retrouver au fond de soi le chemin Primordial. Aller sur terre vers la Terre sainte de nos ancêtres ; et un jour, qui sait, le Soleil brillera plus fort que jamais et une Grande Lumière d'Eveil baignera nos esprits et nos corps. L'être Absolu de la Vie Déliée sera alors Présence en nous. Se sentir Auroral, dans la reprise de l'Aventure Essentielle, là où la grande hérésie séparatiste n'existe plus, dans une Conscience évoluée. Et ainsi briser le cercle de l'enfermement et redonner vie à la Vie en nous, et faire circuler le Souffle qui nous anime.

Dans cette Terre fertile, devenir l'exodus, le voyageur de vie, tout simplement celui qui a le courage de quitter ses pénates et d'aller voir dans l'ailleurs ouvert, ce qui se passe et se pense. L'inspiration que je chante je l'apporte de mes profondeurs. Elle ne m'appartient pas, je ne suis pas propriétaire de l'Amour. Je pense dans cette Energie libre comme un Enfant émerveillé devant un sac de billes multicolores. Dans cette expérience de la Réalité incandescente, dans cette Candeur de la juvénilité absolue, je vis la Transparence, où se transcende la vie de telle sorte qu'elle se formule d'Elle-même, dans sa plus Extasiante poétique. Comme un Chergui violent, comme une Baleine blanche, comme un Ange nu dans sa pureté. Un jour, j'ai vu tes yeux Ô Vie et je ne t'ai jamais plus quittée, et je me suis senti élevé dans un Coeur sans fond, à l'aurore de l'Amour Véritable.

Ô ! humains conditionnés par les désirs et les pouvoirs, vous ne m'enlèverez plus jamais cette candeur, cet élément moteur, cette force essentielle à ma vie. La vie n'aura servi à rien à celui qui quitte le monde sans avoir réalisé son propre monde, dans la fluidité de cette énergie d'Amour qui ne retient rien, mais donne Tout. Le champ est ouvert. Je sème en dehors des termes et des catégories fixes. Les vagues de probabilité sont mouvantes et ont fait éclater le monde fixe et mécanique. La théorie ondulatoire fait bouger la dune de sable fin dont je suis le grain. En désertifiant mes attachements, je me rends riche de mobilités principielles et j'éclate de vie comme un bourgeon de Printemps. C'est par la Beauté Contemplative de la Vie qu'on s'achemine vers la Liberté. Je suis un piéton, rien de plus, je marche dans les étoiles. "Il faut avoir un Coeur brûlant plongé dans le Silence pour chanter la vie avec un Verbe porteur, chargé d'Amour”. Et je me fous de ce que pensent les tièdes de mon Cri. Je chante mon "Oratorio de vie Nomade", Libre comme le vent du Sud.

Nier le mérite, faire ce qui dépasse toute louange, voir toute compréhension, jeter les bases d'une Vraie respiration : un seul rayon de vie anéantira toute la Comédie humaine, en allant vers un l'état très simple de l'originel. Un nouveau Verbe lié à un nouvel Être naîtra. Il n'y a pas de lieux pour les intensités vulgaires. Il n'y a que l'Espace Infini. Le Voyageur réel est un Nomade; il se déplace de lieu en lieu, afin d'arriver au non-lieu de sa libre expression. Il n'y a pas de lieu pour l'essence de soi-même, sans l'Eternité. Il y a encore et encore tant d'aurores à découvrir. Mon désir est de plonger ma tête dans des atmosphères inconnues. De mes pieds, aussi fiers et constants, plus mon perpétuel désir d'Aimer follement la vie me taraude. Sortir du Temps et vivre selon la Danse absolue de Vie déliée. Vivre dans l'Evangile du moment Présent relié à l'Amour de la Vie. Me baigner dans la sensualité du Vivant, en vagabond de la Vacuité ayant l'Eros comme Mère Cosmique et le Logos comme Père fondateur de ma création. La Poésie de ma vie est une logique érotique. Elle n'est contre rien, elle va au-delà de moi.

C'est de choses inachevées et non de choses parfaites dont je parle. M'ouvrant, je tends de toutes mes forces d'Amour vers l'Oeuvre parfaite de Dieu, dans Sa Création. Je m'efforce d'être à chaque moment une construction énergétique, une décharge d'Amour au service de la vie, dans toute sa laideur et dans toute sa Beauté. Sa laideur étant une compréhension cachée, oblitèrée par ma connaissance limitée. Mon nuage d'inconnaissance, que seul la libération des vibrations d'Amour peut me faire contempler, je le fuis. Aucune de mes ignorances n'est une défaite car le monde qu'elles entrouvrent est toujours pour moi un monde ouvert à ma recherche - Hors des concrétions personnelles, je pénètre dans des états de fluidité propices à l'éclairement, qui constitue le fond de tout travail valable. Ne pas s'accrocher aux amas insolubles, n'être rien et n'être pas affecté par les résultats de mes entreprises, voilà la belle libération de vie que je recherche. L'esprit, comme une lame, s'affûte sur le corps, un métal brûlant sort du sang bouillant de mon corps, et me révèle l'extase d'Amour. La nudité est au bout des sens, et reste cette force vive, libératrice, libre de pénétrer jusqu'aux espaces de Lumière les plus denses de brillance. En Amour, il n'y a pas de conclusion, il y a seulement la Danse des éléments. C'est en dansant cette Danse que le danseur avance heureux, dans la Joie pleine de charme de l'Amour. L'Amour, étant une Communion richissime de possibles, hors du dénuement, où nous conduit la Mort.

 

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