Chant 19 : Le Cosmanthrope Amoureux

Publié le par Djilali Jamaï

 

Dans le Désert de notre Culture violente, éhontée, je cherche une voie d'accès aux racines profondes des énergies engrammées afin de retrouver l'Essence vierge; d'un rayonnement orgasmique, claire énergie de lumière. Je tue en moi cet intellectualisme desséché, ce gâchis psychologique, ce manque à respirer des conditionnements, pour retrouver "Gaia" ma Terre-Femme, dans sa pureté sauvage. Cette cohérence parfaite me rend enfin Libre, Esprit et Corps, coulant ensemble dans la joie d'Etre. Sous cette simple chose me voilà nu, dans la simple joie d'être là, dans l'écoulement du jour. Mon corps est ma barque, mon esprit la rame : et je fais l'Amour à la Mère Primordiale (en gouttes à gouttes). Ô ! Mère, Océan majeur du plaisir ?. Fleuve Amour ? - je caresserais tes rives enchanteresses jusqu'à ce que ma mort devienne Résurrection. Je ne pense pas au bien et au mal, mais je garde la joie du moment présent qui coule en moi et qui me donne le Visage originel que j'avais avant de m'incarner. Autrement, comment le moineau que je suis pourrait-il connaître les aspirations du cygne sauvage que j'étais avant de naître. Je ne suis attaché à aucun ordre. Je vis dans l'union avec la source créatrice si bien que mon esprit est libre : plein de l'esprit du vent, qui modifie la dune et de l'eau qui fait serpenter la rivière, dans l'air vivifiant de mes feux de vie. Jamais les poissons ne se lassent de l'eau; jamais les oiseaux ne se lassent de l'air; jamais les arbres ne se lassent de la terre. Alors, je ne me lasse jamais de moi-même et j'essaie d'être, sans plus, aussi loin que possible vivant. Telle est ma vie. Quelque chose de vivant, puissance, force, substance, secrète de roi, est en moi : A ma propre nature je ne fais aucune concession.

La Lune de ce monde flottant s'attarde dans mes yeux et je fais l'Amour au Soleil comme un Egyptien. Je goûte la vie comme un cépage de vigne. Je vis l'instant et me laisse aller à la dérive des Continents comme une feuille morte flottant sur un ruisseau. Et j'aime. Il faut quitter le langage cadavre de la mentalité moderne et redevenir Indien, pétale éveillé sur la fleur émerveillée des gouttes de rosée, baisers tendres de la vie épanouie. Ah ! cette Aurore vivante où le brouillard fait l'Amour au jour qui monte avec juste la douceur qu'il sied, pour qu'au prunier une fleur après l'autre éclose dans le charme du sensuel matin déjà chaud des rayons de Soleil : "Lux Immaculata" - je m'offre chaque matin dans un chant de vie. Je vogue en solitaire sur un vaisseau de lumière venant du fond des âges. Je m'offre la chance d'un cheminement, certes difficile, mais qui m'ouvre aux chants multiples de la symphonie inachevée de l'homme en création. Je vis d'ondes vivantes que je sème sous les pas de ceux qui veulent bien faire germer les éveils libératoires, loin des conformismes formalistes et de la constipation de la peur. J'aime la béance de l'horizon, la béance féminine, et non le remplissage sclérosé du Passé. Et si ma Voie Royale passe par l'Orient ? elle m'ouvre un monde de jouissances, par-delà l'Orient et l'Occident. Un Monde fait de Lumières Plurielles. Un Monde éclatant de Vie.

Mon Nomadisme porte en lui et avec lui le refus de la domestication, c'est-à-dire l'ouverture à l'espace des Univers. L'incertitude Spirituelle éveille ma curiosité dans un destin toujours renouvelé. Je dépasse par l'éloignement la destinée matérielle des sédentaires. Je suis né pour vagabonder dans ma tête, voir et sentir, toucher et vibrer, au diapason du Ciel. L'extrême fluidité de ma pensée me permet tous les Amours. Vivre jusqu'au bout, c'est dépasser les frontières : pénétrer dans le voyage comme dans un Sexe-Matrice. Il est des instants rares où l'on se libère dans l'inouîe complexité du Vivant, d'un regard Vierge dans ce champ de vie portée à sa plus haute intensité d'Amour. À chaque pénétration matricielle se lève le vent purificateur. Ah ! petit rouge-gorge comme tu es bien dans ton buisson, Ermite, vagabond sans clocher.

Je vis d'un Erotisme Cosmique en "Cosmanthrope Exote Amoureux" du mouvement sensuel de la dune de sable blond dans l'immanence qui habite mon Enfance Tiznitie. Je suis né d'une Mer de sable blond et d'un Océan d'eau marine irrisée de lumière, à la jonction primale de l'Orient et de l'Occident. Ma "Terre-Mère" est significative de ma folle pensée. Je suis fait d'éclairs, d'éveils : un Nomade né dans la Grande Lumière de la Beauté Sauvage. C'est à ce moment-là, que peut naître le Miracle imprégné des délices, de l'émerveillement de la Contemplation sans fin qui me pénètre Tout entier. Mon chemin s'illumine de l'Ouvert Total, Car L'Amour ça ne s'explique pas, ça se vit. Qui es-tu petit Rouge Gorge... ? Aucune idée... ! Tu es Vacuité dans l’inépuisable Vacuité. Enfin !! Homme désencombré - j'ai suivi la voix d'un enfant du Nouveau Monde... Petit Prince de mon Etoile, Princesse Nouvelle Vie, tu dors dans mon Corps, bien à l'abri du mauvais sort. Tu es l'Amour de Ma Vie. J'ai bâti mon Tai Chi Chuan dans la souffrance d'un Vivant Eternel : C'est là, le chant de ma Liberté Intérieure... Mon Chant, Ma Symphonie D'Amour. Je suis Né de Nouveau... au Seuil d'une Nouvelle Dimension.

 

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